Rana Plaza: des associations interpellent le quai d'Orsay après leur plainte contre Auchan

Des bénévoles et secouristes le 25 avril 2013 sur les lieux du Rana Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, à Dacca (Bangladesh), qui s'était effondré - © Munir UZ ZAMAN / AFP/Archives


Cinq ans après la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, trois associations ont interpellé mardi le Quai d'Orsay lui réclamant des informations sur l'avancée de l'enquête après le dépôt de leur plainte contre Auchan pour "pratiques commerciales trompeuses".

Le 10 juin 2015, les associations Sherpa, Peuples Solidaires et Collectif Ethique sur l’étiquette ont déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de Lille contre ce géant de la distribution.

"Le juge d’instruction en charge du dossier a envoyé une commission rogatoire internationale demandant une enquête sur place, qui devait être transmise par la voie diplomatique au Bangladesh", ont affirmé ces associations dans un communiqué.

Mais "cette volonté du juge d’avancer dans le dossier semble être bloquée au niveau du Ministère des affaires étrangères", ont-elles avancé.

Toutefois, selon le Quai d'Orsay, "les autorités françaises coopèrent activement avec les autorités judiciaires et procèdent notamment aux transmissions requises par le magistrat instructeur" afin de "contribuer à la manifestation de la vérité après cet épouvantable drame".

"La France doit donner l’exemple dans la lutte contre l’impunité des multinationales, et soutenir la justice dans la recherche de la vérité", ont estimé les associations.

Ces mêmes organisations avaient déjà déposé une plainte en avril 2014, qui a donné lieu à une enquête préliminaire, mais le dossier avait été classé sans suite en janvier 2015. Elles ont donc décidé de se constituer partie civile afin de porter l'affaire devant un juge d'instruction.

L'effondrement du Rana Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, situé à Dacca, au Bangladesh, avait provoqué la mort de 1.138 ouvriers textiles et blessé plus de 2.000 autres en 2013.

Cette catastrophe avait mis en lumière les conditions de sécurité déplorables dans les ateliers.

Après la tragédie, ONG et syndicats avaient dénoncé l'attitude de 29 chaînes de distribution, dont Auchan, soupçonnées d'avoir sous-traité leur production à un moment ou à un autre au Rana Plaza.


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