"Tristes et honteux", les évêques appellent à lutter "sans relâche" contre la pédophilie

L'archevêque de Paris Michel Aupetit en mars 2018 lors de la procession au Sacré Coeur - © Ludovic MARIN / AFP/Archives


La Conférence des évêques de France (CEF) s'est déclarée mercredi "triste et honteuse" des abus sexuels commis dans l'Eglise, appelant à poursuivre "sans relâche" la lutte contre la pédophilie.

"Laïcs, clercs, consacrés, nous sommes profondément affectés par les révélations d’abus qui se font jour à travers le monde et dans notre pays. Face à la souffrance imprescriptible des victimes et de leurs proches, nous sommes tristes et honteux", écrit le conseil permanent (sorte d'exécutif) de la CEF, dans une déclaration transmise à la presse.

"Notre pensée se tourne d’abord vers ceux à qui on a volé leur enfance, dont la vie a été marquée à tout jamais par des actes atroces", ajoute-t-elle, déplorant "que les actes de quelques-uns rejaillissent sur toute l’Église, qu’il s’agisse d’actes criminels ou de silences coupables".

"Dans ce désarroi partagé (...) notre lutte contre tout abus doit se poursuivre sans relâche", écrit la CEF.

Le conseil permanent - dont Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris ou encore Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille - cite la lettre du pape François adressée le 20 août à tous les catholiques du monde, qui engage à "enrayer le fléau de la pédophilie". "Nous invitons toutes les communautés, tous les fidèles à lire attentivement cette lettre" et "à voir comment la mettre en œuvre".

"Nous appelons chaque baptisé (...) à s’engager +dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin+" pour "vaincre cette calamité des abus dans l’Église", ajoute-t-il.

Pour la CEF, si "en France, l’Église s’est engagée avec une grande détermination dans cette lutte contre les abus et notamment contre la pédophilie", elle reconnaît que "ce combat est toujours à intensifier, qu’il nécessite une attention sans faille et une conversion permanente des mentalités".

La CFE rappelle enfin que lors de sa prochaine assemblée plénière, en novembre à Lourdes, elle accueillera et écoutera "des personnes victimes".

Le 20 août, le pape François avait condamné "avec force les atrocités" commises en Pennsylvanie sur plus de 1.000 enfants par des centaines de prêtres pendant des décennies, dans une lettre adressée au "Peuple de Dieu". A l'avenir, "rien ne doit être négligé" pour éviter que de "telles situations (...) ne puissent être dissimulées et perpétuées", avait-il ajouté.


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