Saad Hariri demande que justice soit faite dans l'assassinat de son père

Municipale 2014 - ©DR


Le Premier ministre libanais Saad Hariri a demandé mardi que justice soit faite dans l'assassinat en 2005 de son père et ancien Premier ministre du Liban Rafic Hariri, alors que le procès de quatre suspects entre dans sa dernière phase.

Saad Hariri a fait le déplacement dans la banlieue de La Haye, où siège le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), afin d'assister au premier jour des déclarations de clôture du procès.

Rafic Hariri, Premier ministre sunnite du Liban jusqu'à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu'un kamikaze a détonné une camionnette bourrée d'explosifs au passage de son convoi blindé sur le front de mer de Beyrouth. L'attaque a coûté la vie à 21 autres personnes et a fait quelque 226 blessés.

"Nous avons demandé justice parce que nous pensons que la justice et la vérité protègent le Liban", a déclaré Saad Hariri aux journalistes. "Les criminels payeront le prix tôt ou tard", a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait qu'il n'a jamais souhaité recourir à la vengeance.

Pendant deux semaines, les juges du TSL écouteront les derniers arguments de l'accusation, de la défense et des représentants des victimes, plus de 13 ans après l'attentat.

Le tribunal devra ensuite se prononcer sur le rôle des quatre suspects, tous membres présumés du mouvement chiite Hezbollah.

Le Hezbollah ayant refusé de livrer les accusés, ils sont jugés en leur absence, sans avoir été en contact avec les avocats qui les représentent.

- Un crime "politique" -

La mort de Rafic Hariri, d'abord attribuée aux généraux libanais prosyriens, a suscité de vives réactions à l'époque, entraînant le retrait des troupes syriennes après près de 30 ans de présence sur le sol libanais.

Ce crime "avait un but politique", a affirmé mardi devant les juges Nigel Povoas, membre de l'accusation. Selon lui, Rafic Hariri "était perçu comme une grave menace par les prosyriens et pro-Hezbollah".

"Il était considéré comme un agent des occidentaux qui allait exploiter son pouvoir politique pour gagner les élections", libérant ainsi le Liban "du joug syrien", a continué M. Povoas.

"C'est cela qui a provoqué la préparation de l'attentat", a-t-il insisté, bien que l'attaque ait finalement eu l'effet opposé.

Le premier suspect, Salim Ayyash, 50 ans, est accusé d'avoir été à la tête de l'équipe qui a mené l'attaque. Deux autres hommes, Hussein Oneissi, 44 ans, et Assad Sabra, 41 ans, sont notamment poursuivis pour avoir enregistré une fausse cassette vidéo qui revendiquait le crime au nom d'un groupe fictif.

Le dernier accusé, Hassan Habib Merhi, 52 ans, fait également face à plusieurs chefs d'accusation, tels que complicité de perpétration d’un acte de terrorisme et complot en vue de commettre cet acte.

Moustafa Badreddine, le principal suspect décrit comme le "cerveau" de l'attentat par les enquêteurs, est mort depuis et ne sera donc pas jugé.

Le Hezbollah, qui a rejeté toute paternité de l'assassinat, a déclaré en août ne simplement pas reconnaître le TSL, qui "ne vaut absolument rien" à ses yeux.

"Nous ne reconnaissons pas ce tribunal, nous ne le considérons pas pertinent et nous disons à quiconque mise sur lui: ne jouez pas avec le feu", a lâché dans un discours le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

burs-smt/ia


Voir la version optimisée mobile de cet article
Poursuivre sur Francesoir.fr