Croissance: "Extrêmement difficile" d'atteindre l'objectif 2018, selon Sapin

L'ex-ministre des Finances PS Michel Sapin a estimé jeudi qu'il serait "extrêmement difficile" pour la France d'atteindre son objectif de 1,8% de croissance en 2018, victime de "mauvaises décisions" du gouvernement, qui maintient le cap malgré tout. - © Alberto PIZZOLI / AFP/Archives


L'ex-ministre des Finances PS Michel Sapin a estimé jeudi qu'il serait "extrêmement difficile" pour la France d'atteindre son objectif de 1,8% de croissance en 2018, victime de "mauvaises décisions" du gouvernement, qui maintient le cap malgré tout.

"Prévoir l'avenir c'est ce qu'il y a de plus difficile au monde, mais 1,8%, dans les conditions actuelles, ça me paraît extrêmement difficile car il y a eu un ralentissement très puissant de la croissance française" au premier semestre 2018 sur un an, a-t-il déclaré sur France 2.

Le gouvernement "a mis un coup d'arrêt à la croissance" en prenant "des décisions qui ont été mauvaises pour (elle)", comme la hausse de la CSG, qui n'a pas été compensée pour les retraités, a-t-il noté, en évoquant aussi la baisse des aides au logement, au moment où celui-ci "cal(ait)", et la diminution des crédits à l'emploi, au moment où le chômage avait baissé.

Mais "le coeur du sujet, c'est ces 7 milliards d'euros qu'on a accordés aux +premiers de cordée+. Ils sont où ces premiers de cordée ? Est-ce qu'ils ont investi plus ? Non, (l'investissement) a baissé. Est-ce qu'ils ont consommé plus ? Quand vous avez quelques milliers de personnes qui consomment plus, ça ne vous fait pas une grosse consommation" supplémentaire, a-t-il noté. Donc "c'est un cadeau qui ne sert à rien du point de vue économique contrairement à ce qui a été décrit".

Avec cette mesure, "l'aide aux entreprises a baissé, l'aide aux gros contribuables français a augmenté, et c'est ça qui est aujourd'hui la cause du problème du déséquilibre" budgétaire, a précisé l'ancien ministre socialiste sur LCI.

"On peut faire des erreurs", et "il vaut mieux les reconnaître pour pouvoir ensuite les corriger", mais "là, rien, c'est comme si rien ne s'était passé", a-t-il remarqué sur France 2, jugeant cela "étonnant".

Il faut maintenant attendre une baisse des recettes fiscales en 2018 et 2019 dans la foulée du ralentissement de la croissance, et le gouvernement n'a donc plus qu'une solution pour atteindre ses objectifs en termes de réduction du déficit public: "faire des économies", a-t-il estimé.

Interrogé par ailleurs sur la proposition du député LREM Aurélien Taché d'appliquer une dégressivité aux allocations chômage perçues par les cadres aux hauts revenus, il a estimé que cela "ne résoudr(ait) rien en termes de déséquilibre" du financement du régime d'assurance-chômage. Car "si vous baissez les indemnités de ceux qui cotisent le plus, il faut aussi baisser (leurs) cotisations", importantes, et les finances de l'assurance-chômage seraient alors "perdantes", a-t-il expliqué sur LCI.


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