Perchoir: cinq candidats LREM dont trois femmes, Richard Ferrand favori

Le patron des députés LREM Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, le 31 juillet 2018 - © GERARD JULIEN / AFP/Archives


Cinq candidats LREM postulent à la présidence de l'Assemblée nationale pour succéder à François de Rugy, parmi lesquels trois femmes et un favori, le chef de file des députés de la majorité, Richard Ferrand.

Après Yaël Braun-Pivet, Cendra Motin et Barbara Pompili, Richard Ferrand a confirmé mercredi à l'AFP qu'il briguait l'investiture de son groupe pour le perchoir afin de "poursuivre" le travail de "modernisation" de l'institution.

"Depuis 15 mois nous avons porté ensemble des transformations importantes, profondes. Nous avons montré notre capacité à agir collectivement et cela m'a apporté une certaine expérience cumulée au mandat précédent", a ajouté le chef de file des députés LREM, soulignant être "un de ceux qui connaît" le mieux "le projet" présidentiel, pour en avoir été à l'origine aux côtés d'Emmanuel Macron et d'une poignée de soutiens.

Bref ministre de la Cohésion des territoires au début du quinquennat, M. Ferrand, 56 ans, avait été contraint de démissionner du gouvernement après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière liée aux Mutuelles de Bretagne. L'information judiciaire ouverte à Paris pour "prise illégale d'intérêts" a été récemment dépaysée à Lille.

Outre M. Ferrand, qui a enregistré de nombreux soutiens publics au sein de son groupe (Amélie de Montchalin, Florian Bachelier, Roland Lescure...), trois femmes se sont déclarées candidates dans les rangs de la majorité: les présidentes des commissions du Développement durable et des Lois, respectivement Barbara Pompili et Yaël Braun-Pivet, ainsi que la députée de l'Isère Cendra Motin.

Députée LREM de la Somme et ancienne secrétaire d'Etat à la Biodiversité, Barbara Pompili, a fait valoir sur BFMTV que l'Assemblée avait un "besoin profond d'être rénovée". Elle a aussi estimé que, "dans une période où la démocratie est en danger" avec la montée des populismes, il fallait "renforcer le rôle des parlementaires et du débat démocratique".

Elle a aussi rappelé qu'une femme présidente de l'Assemblée serait une première et un symbole "fort pour le combat pour l'égalité" entre les hommes et les femmes.

Mme Pompili, 43 ans, dont le nom avait été cité, parmi d'autres, pour succéder à Nicolas Hulot au gouvernement, connaît bien les rouages du pouvoir: ancienne assistante parlementaire, elle a coprésidé, lors de son premier mandat de député à partir de 2012, le groupe écologiste avec François de Rugy puis Cécile Duflot, et été ensuite secrétaire d'Etat à la Biodiversité dans les gouvernements Valls et Cazeneuve.

Ex-EELV devenue "réformiste", elle avait été en mars 2017 le premier membre de l'ancien gouvernement à soutenir Emmanuel Macron. Au début de la nouvelle législature, certains l'auraient bien vue au perchoir, mais Mme Pompili avait préféré soutenir son ancien collègue M. de Rugy.

"L'égalité est dans l'ADN d'En Marche", a plaidé en sa faveur le député marcheur Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot.

Cendra Motin, novice en politique jusqu'en 2017, a déclaré à l'AFP vouloir incarner "le choix fort des Français d'un renouveau des visages et des pratiques", tout en ne s'affirmant pas "contre Richard Ferrand", dont "l'expérience politique est aussi un atout".

Mercredi soir, le député du Tarn Philippe Folliot, déjà candidat à ce poste en juin dernier, a indiqué à l'AFP avoir lui aussi déposé un dossier de candidature. Ancien membre de l'UDI rallié à Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle, M. Folliot fréquente les bancs de l'Assemblée depuis 2002.

Les prétendants LREM avaient jusqu'à mercredi minuit pour se faire connaître, avant un vote interne pour les départager, lundi, lors d'un séminaire de rentrée à Tours. L'ensemble des députés voteront le 12 septembre, jour de reprise, pour élire leur président, des candidatures de plusieurs bords étant alors possibles.


Voir la version optimisée mobile de cet article