Déception

Après l'interdiction du "Domestikator", il est "temps que le président du Louvre change" selon Joep Van Lieshout

Durant trois année le "Domestikator" a été exposé en Allemagne sans problème. - © HEIKE KANDALOWSKI

"Surpris" par l'interdiction de son "Domestikator", jugée trop sexualisée, à la Fiac de Paris (19 au 22 octobre) Joep Van Lieshout, répond aux questions de "FranceSoir".

Ce n'est pas la première fois que Joep Van Lieshout participe à la Foire internationale d'art contemporain de Paris (du 19 au 22 octobre cette année), mais il se retrouve malgré lui au centre d'une polémique inédite pour cette édition. Le père du Domestikator, cette sculpture de douze mètres de haut représentant les ébats sexuels entre un chien et un homme, a vu son œuvre interdite par le musée du Louvre.

"C'est une pièce d'art, elle n'est pas explicite. Elle dénonce les changements éthiques", réfute l'artiste contacté par FranceSoir. Jusque-là il n'avait jamais eu de problème avec son installation. "Le Domestikator illustre la façon dont l'humain contrôle tout", poursuit-il en dénonçant "la big data et les manipulations génétiques".

"Le Domestikator a été exposé trois ans en Allemagne et il n'y a jamais eu de problème. (...) Les passants, les travailleurs, les gens normaux trouvaient ça drôle ou s'en fichaient", explique Joep Van Lieshout à propos de sa pièce qui devait être exposée dans le jardin des Tuileries. "Certaines personnes n'ont jamais su ce que cela représentait", ajoute-t-il en expliquant que là où certains voient un chien et un homme, pour d'autres il s'agit d'un joueur de rugby et de son ballon. Enfin, face à ceux qui ont formulé des inquiétudes quant au regard des enfants sur l'œuvre, Joep Van Lieshout affirme que généralement "ils riaient".

La sculpture est formée de deux parties habitables composées de sortes de Lego géants. C'est la partie représentant ce que certains décrivent comme un homme et un chien qui fait polémique.

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©Atelier Van Lieshout

"Surpris" par la décision du président du Louvre Jean-Luc Martinez, l'artiste juge ce choix "hypocrite": "au Louvre les visiteurs peuvent voir des femmes se faire violer, de la nudité... Certaines pièces sont beaucoup plus explicites que le Domestikator". "Les institutions sont effrayées par la politique, le sexe. C'est un mauvais développement. (...) Les organisations comme le Louvre ont pour rôle d'expliquer les œuvres. C'est pitoyable", confie l'artiste déçu de ne pas participer, malgré lui, à cet événement très populaire. Puis de lancer, dans un rire: "iI est temps que le président du Louvre change".

La Fiac se déroulera donc sans le Domestikator qui, malgré le soutien de la ville de Paris, ne sera exposé nul part ailleurs dans la capitale. "Les délais sont trop courts", regrette l'artiste qui aurait "adoré" que son œuvre gigantesque soit installée face au centre Pompidou ou au pied de la Tour Eiffel. La sculpture sera exposée prochainement à Amsterdam.

La Fiac a déjà été au cœur de polémiques. En 2014, une oeuvre de Paul McCarthy installée au centre de la place Vendôme avait beaucoup fait parler d'elle, dénoncée par certain comme un "plug anal" géant. L'artiste avait été agressé et l'installation vandalisée avant d'être retirée. L'année suivante, c'est Anish Kapoor qui avait suscité l'émoi avec son Dirty Corner. Dans les jardins du château de Versailles le "Vagin de la Reine" avait aussi été vandalisé à plusieurs reprises, notamment avec des graffitis antisémites et royalistes.


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