Retour en enfance

Barbie, l'exposition pour voir la vie en rose (VIDEO + DIAPORAMA)

En 1985, Andy Warhol réalisait le "Portrait de Barbie", élevant la poupée au rang d'icône américaine. - ©Mattel

Mise à mal depuis que Mattel a perdu les licences Disney, Barbie débarque au Musée des Arts décoratifs de Paris à partir de ce jeudi. A travers 700 poupées diverses et variées, l'exposition montre à quel point Barbie reflète depuis plus d'un demi-siècle la culture occidentale et son évolution.

En 2016, Barbara Millicent Roberts, alias Barbie, fait sa révolution. Trois nouvelles silhouettes arrivent sur le marché, la petite, la ronde et la grande, dans 33 modèles différents. Car Barbie, longtemps accusée de renvoyer une image biaisée de la femme, trop mince et trop sexualisée, est en perte de vitesse, notamment depuis que Mattel a perdu les licences Disney. Pour marquer cette volonté de renouveau, la poupée mannequin débarque aux Musée des Arts décoratifs de Paris. A travers 700 poupées présentées sur un espace de 1.500 m2, l'exposition, à partir de ce jeudi 10 et jusqu'au 18 septembre, montre à quel point Barbie a accompagné pas à pas les évolutions de notre société occidentale ces dernières décennies.

Barbie naît en 1959 de l'imaginaire de Ruth Handler, la cofondatrice de Mattel. C'est en regardant sa fille Barbara jouer avec des poupées de papier que la femme d'affaires se met à rêver d'une poupée mannequin et adulte en trois dimensions, loin des poupées enfantines déjà existantes. Car dans leurs jeux, Barbara et ses amies ne s'imaginent pas en mères au foyer câlin mais en jeunes femmes élégantes et entreprenantes. Finalement convaincues par Ruth, les équipes majoritairement masculines de Mattel réalisent Barbara Millicent Roberts, une poupée ressemblant à une adulte, et créent toute une mythologie autour de son personnage. Barbie est originaire du Wisconsin, elle a une famille et des amis clairement identifiés et, même, à partir de 1961, sur demande de ses fans, un petit ami, Ken, avec qui elle se séparera au début des années 2000 avant de le retrouver en 2009.

Les années passent et Barbie ne vieillit pas, elle s'adapte au monde dans lequel elle évolue. Elle arrive sur le marché en maillot de bain, symbole de la démocratisation naissante des vacances d'été. A cette époque, sa poitrine est pointue et très en avant et sa taille extrêmement fine, en accord avec les mannequins de son temps. Au fil des ans, comme le montrent les différentes poupées exposées, ses courbes s'arrondissent, son corps devient plus flexible, son visage plus souriant. De même, si elle exerce à ses débuts des métiers réservés aux femmes dans l'imaginaire collectif comme maîtresse d'école ou hôtesse de l'air, elle devient ensuite femme d'affaires (1963), astronaute (1965) quatre ans avant que Neil Armstrong ne marche sur la Lune, ou encore chirurgien (1973). Car, contrairement aux idées reçues, Barbie est une femme indépendante (elle n'a jamais épousé à Ken!) et multifonction (elle a exercé 150 métiers) qui représente toutes les femmes: d'abord exclusivement brune, elle devient ensuite brune, rousse, noire. Aujourd'hui, elle existe en quatre silhouettes, sept carnations, plus de 20 couleurs d'yeux et de cheveux.

La deuxième partie de l'exposition, consacrée à "Barbie et l'art", fera rêver les grands et les petits. Car au cours de sa longue existence, Barbie a su séduire les plus grands artistes. Symbole d'élégance, Barbie s'est attirée les faveurs des plus grands de la mode: de Donatella Versace à Jean Paul Gaultier en passant par Jean-Charles de Castelbajac, 70 couturiers ont accepté de l'habiller. Karl Lagerfeld a même une poupée à son effigie et, en 2009, Christian Louboutin accepte de devenir son parrain. Après avoir demandé à Mattel de changer ses chevilles, pas assez belles à son goût, le couturier lui confectionne une série de tenues et de paires de chaussures. Il réalise même un calendrier dans lequel il se met lui-même en scène aux côtés de la poupée.

Mais, loin de représenter seulement le monde fermé de la haute couture, Barbie est également un symbole de la culture populaire. Défile ainsi sous les yeux des visiteurs de l'expo Barbie Star Trek, Barbie Grease, Barbie Cher ou encore Barbie Katniss Everdeen. Enfin, preuve ultime de son statut d'icône américaine: ce portrait réalisé par Andy Warhol en 1985. Et la visite se termine sur une touche qui fera fantasmer toutes les petites filles et retomber en enfance toutes les femmes: le dressing de Barbie... qui remplit toute une pièce. 

> Exposition Barbie aux Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris. Du 10 mars au 18 septembre 2016. Tarif normal: 11 euros. 

(Voir ci-dessous le clip de la chanson Barbie Girl d'Aqqa, en 1997, et un diaporama de l'exposition): 

 

 


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