Dans les pas de nos ancêtres

Grotte Chauvet: François Hollande a inauguré la réplique, bientôt ouverte au public (DIAPORAMA)

Le visiteur pourra admirer un millier d'oeuvres dont 425 représentations animales. - ©Robert Pratta/Reuters

Trois ans après le début des travaux, la Caverne du Pont-d’Arc, réplique de la légendaire grotte paléolithique Chauvet, est achevée. Inaugurée vendredi 10 par François Hollande, elle sera ouverte au public à partir du 25.

Elle ressemble au millimètre près à l’originale. Trois ans après le début des travaux, la Caverne du Pont-d’Arc, réplique de la légendaire grotte paléolithique Chauvet, est achevée. Inaugurée vendredi 10 avril par François Hollande, elle sera ouverte au public à partir du 25. Unique au monde, ce monumental espace de restitution a été érigé sur le site dit du Razal, au-dessus du Vallon-Pont d’Arc, en Ardèche, à deux kilomètres de la grotte originelle. Cette dernière a été classée le 22 juin dernier au patrimoine de l’Unesco pour ses ornements, parmi les plus anciens et les mieux conservés au monde: près de 1.000 représentations pariétales sur près de 400 mètres, datées de 36.000 ans.

Découverte en 1994 par le spéologue Jean-Marie Chauvet et son équipe, la grotte Chauvet date de l’Aurignacien (qui a vécu il y a environ 35.000 ans) et aurait également été occupée par le Gravettien (il y a 28.000 ans). Selon les scientifiques, les œuvres pariétales (c'est à dire dessinées sur les parois) auraient été réalisées au cours de la première période seulement. Les thèmes abordés sur les dessins sont essentiellement animaliers, comme c’est généralement le cas dans l’art paléolithique. Toutefois, les animaux dangereux -lions, rhinocéros ou mammouths- sont ici exceptionnellement fréquents.

Pour les scientifiques, ces oeuvres sont la preuve que les hommes préhistoriques maîtrisaient parfaitement des techniques très complexes de dessin comme l’estompe et la perspective. La grotte Chauvet étant un sommet de réussite esthétique et technique, sa découverte a fait évoluer le regard que portaient nombres de chercheurs sur l’art, qui jusque-là le voyaient comme un mouvement linéaire au cours duquel les hommes acquièrent des connaissances et des techniques de plus en plus abouties.

Afin d’éviter la détérioration des peintures, la grotte n'a jamais ouverte au grand public. Seuls les scientifiques, les préhistoriens, certaines personnalités et des particuliers faisant une demande extrêmement motivée peuvent y pénétrer, et seulement quand la quantité de dioxyde de carbone est en deçà de 2,5% de l’air ambiant de la grotte.

C'est donc pour pouvoir faire admirer ces merveilles au monde entier que la Caverne du Pont-d'Arc a été créée. Arrivé sur le site, le visiteur devra descendre une longue rampe en béton projeté, entourée de hauts murs. Une fois dans la grotte, plongé dans l’obscurité et le froid et l’humidité, un millier de dessins s'offriront à ses yeux, parmi lesquels 425 représentations animales reproduites au charbon de bois, à l’image de la technique utilisée par l’Aurignacien.

Pour reproduire les oeuvres, ingénieurs, sculpteurs, peintres et plasticiens ont utilisé des techniques ultramodernes comme la 3D et l'anamorphose (déformation réversible d'une image à l'aide d'un système optique). En outre, une équipe de dix personnes basée à Paris a travaillé pendant près de quatre ans à la reproduction minutieuse de "spéléothèmes" de la grotte Chauvet: stalactites, stalagmites et autres concrétions provoquées par le ruissellement de l'eau sur la roche.

Seule différence avec l’originale, la Caverne du Pont-d’Arc est plus petite. Alors que la vraie grotte Chauvet mesure 8.500 m2, sa réplique fait (tout de même) 3.500 m2 au sol et 7.500 m2 en hauteur. 

Son site -qui comprend cinq bâtiments, dont la réplique, un pôle pédagogique, la galerie de l'Aurignacien, un espace événementiel et un pôle restauration- a représenté un investissement de 55 millions d’euros, soit un réel enjeu économique pour l'Ardèche et la région Rhône-Alpes. Mais le Syndicat mixte en charge de la réalisation de l'espace de restitution de la grotte Chauvet-Pont d'Arc (SMERGC) et les acteurs locaux attendant 350.000 visiteurs chaque année, à 13 euros l’entrée (pour les adultes), les retombées ne devraient pas se faire trop attendre.

 


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