Remake avec acteurs réels

"Cendrillon": Kenneth Branagh donne chair, charme et seconde jeunesse au personnage de Walt Disney (VIDEO)

Lily James, peu connue du grand public, est Cendrillon. - ©Walt Disney Pictures

L'acteur-réalisateur anglais Kenneth Branagh s'attaque à un monument du cinéma: "Cendrillon". Il réalise un remake du dessin animé de Walt Disney, mais avec des personnages réels (ce mercredi 25 mars sur les écrans français).

Bon, Cendrillon, c'est comme Blanche-Neige ou la Belle au bois dormant: on connaît l'histoire. Mais on ne se lasse pas de se l'entendre raconter une nouvelle fois. Cette fois-ci c'est Kenneth Branagh qui s'y colle, dans une commande des studios Walt Disney: donner corps et personnages réels à cette histoire pour en faire un remake de leur célèbre dessin animé de 1950.

La jeune-et-jolie Ella (Lily James), après la mort de sa chère mère, a accepté que son père se remarie. Mais quand celui-ci décède à son tour, elle devient la souffre-douleur de sa marâtre (Cate Blanchett) et de ses deux filles que, si l'on était vulgaire, on qualifierait d'un substantif se terminant par "asse".

Tout n'est cependant pas perdu dans un destin de belle jeune fille puisque Cendrillon --c'est ainsi que ses méchantes demi-soeurs l'appellent-- rencontre un jour, en forêt, le prince héritier du royaume (Richard Madden), sans que celui-ci ne révèle qui il est. Coup de foudre mutuel. Mais quid de la deuxième rencontre?

Eh bien elle aura lieu au bal qu'organise le prince pour toutes les jeunes filles du royaume (il veut la revoir, c'est clair). Citrouille transformée en carrosse, valse et flirt, dernier coup de minuit, fuite précipitée, pantoufle de verre laissée dans le grand l'escalier du château: on connaît la suite...

Acteur-réalisateur shakespearien dans Henry V (1989), Beaucoup de bruit pour rien (1993), Hamlet (1997), mais aussi réalisateur talentueux autant de comédies comme Peter's Friends (1992) que de films à suspense comme Frankenstein (1994), Thor (2010) ou le récent The Ryan Initiative (2014), Kenneth Branagh s'est attaqué à un monument.

Il n'a révolutionné ni le genre, ni le personnage, ni les studios Disney. Tout cela est très sage, linéaire, familial. Mais joli, agréable, réalisé avec soin, respect du spectateur et ingéniosité dans les effets spéciaux (la citrouille, très réussie, les souris, la bonne fée).

"Cendrillon n’est pas une victime sans défense qui s’apitoie sur son sort. Elle sait prendre les choses sur le ton de la plaisanterie. Et chez elle, c’est une qualité, l’expression d’une force morale, pas une faiblesse", dit le réalisateur, qui n'a pas voulu faire de son héroïne une féministe musclée mais plutôt une jeune femme sûre de sa force morale, tolérante et placide.

L'actrice anglaise Lily James, inconnue du grand public, n'est ni trop sexy ni trop timide, équilibre idéal pour le personnage. Le prince charmant a les traits de Richard Madden, pas trop bellâtre mais quand même beau garçon.

Cate Blanchett est méchamment parfaite (elle aurait pu l'être un peu plus: pas parfaite, mais méchante), et Helena Bonham Carter est une gentille fée déjantée qui doit sans doute fumer autre chose que des substances licites.

La seule question qui turlupine, comme à chaque fois qu'on évoque Cendrillon, est le cas de la fameuse pantoufle. Verre ou vair?

Invention d'un historien grec sur la base d'un conte égyptien, l'histoire de Cendrillon a été popularisée par Charles Perrault en 1697, puis reprise par les frères Grimm en 1812. Perrault était formel, les souliers de Cendrillon au grand bal du prince étaient en verre --ce qui, il faut le reconnaître, n'est ni confortable ni pratique. C'est Balzac qui, quelques années après les frères Grimm, avait suggéré qu'il s'agissait plutôt de souliers de vair, fourrure grise d'écureuil. Non mais de quoi je me mêle?

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film): 

 


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