Sortie ciné

"En eaux troubles": les dents de la mer taille XXL (critique)

Coopération entre les peuples: la scientifique chinoise (Li Bingbing) et le plongeur américain (Jason Statham) luttent ensemble contre le grand requin. - ©Warner Bros

CRITIQUE – Toujours plus gros, toujours plus fort, toujours plus méchant. Dans le film "En eaux troubles" qui sort ce mercredi, des plongeurs et scientifiques menés par Jason Statham affrontent le plus grand requin de tous les temps: il mesure 23 mètres.

SORTIE CINÉ – Vous vous souvenez du requin des Dents de la mer en 1975? Pfff… Petit poisson rouge inoffensif à côté du nouveau squale géant qui crève l'écran à partir de ce mercredi 22 août dans le film En eaux troubles.

Celui-ci fait 23 mètres (trois fois la largeur d'un but de foot) et a un aileron grand comme un petit voilier. C'est "le Meg" (titre original du film), surnom de Megalodon, un requin qu'on croyait disparu depuis deux millions d'années mais dont un exemplaire survit dans les bas-fonds de la mer de Chine, à plus de 10.000 mètres de profondeur.

A 300 kilomètres au large de Shanghai, un océanographe chinois visionnaire a créé une plate-forme d'observation scientifique de la vie aquatique, avec laboratoires sous-marins et installations aux grandes baies vitrées dignes d'une station spatiale. Sa fille Suyin (l'actrice chinoise Li Bingbing) dirige la plate-forme et, quand l'équipage d'un sous-marin envoyé en mission se retrouve coincé au fond de la mer, elle n'hésite pas à monter dans un bathyscaphe de poche pour tenter d'aller lui porter secours.

Mais l'affaire est grave, et les responsables de la plate-forme vont chercher du renfort: Jonas Taylor (Jason Statham), ancien sauveteur-plongeur expert des fonds marins, est appelé à l'aide. Il a pris sa retraite dans un village de Thaïlande et est devenu alcoolique, après avoir été viré suite à une mission de sauvetage en profondeur cinq ans auparavant.

A l'époque, il avait dû affronter le Meg, mais personne ne l'avait cru. Cette fois-ci, tout le monde se rend compte que le monstre marin préhistorique existe bel et bien. Jonas plonge à son tour dans un mini-sous-marin pour aller aider Suyin et sauver l'équipage du sous-marin. Mais ce n'est qu'une première étape dans sa mission. Car le gros requin, cette fois, ne va pas rester au fond de l'océan mais décide de remonter à la surface…

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"L’objectif était de procurer frissons et détente mais on a aussi voulu jouer avec l’imagination des spectateurs. Comme le film le suggère, l’océan recèle de zones inexplorées qui restent hors de notre portée et qui nourrissent donc la suspicion que des créatures terrifiantes y sont tapies", explique le réalisateur, John Turteltaub, réalisateur notamment de Rasta Rockett en 1993 (sur une équipe de bobsleigh jamaïcaine aux J.O. d'hiver) et des deux Benjamin Gates en 2004 et 2008 (avec Nicolas Cage et Diane Kruger).

Jason Statham, le héros des sagas Le Transporteur et Expendables, joue ici les sauveurs calmes, déterminés et spécialistes des plongées dangereuses, avec moins d'aisance cependant que l'autre gros bras en vogue ces dernières années dans les films d'action, Dwayne Johnson. Le film étant une coproduction américano-chinoise, il est entouré d'acteurs américains mais aussi de pas mal d'acteurs chinois, dont Li Bingbing, très connue dans son pays et qui a fait quelques apparitions dans des films hollywoodiens (Transformers-4, deux Resident Evil).

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"L'appétit vient en mangeant", dit avec humour l'un des slogans du film sur les premières affiches (à voir ici). Le suspense monte donc peu à peu, dans la première heure. Mais dans la seconde moitié, l'histoire accumule les rebondissements peu crédibles et des comportements des personnages peu logiques. C'est un peu n'importe quoi, on finit par trouver cela longuet (presque deux heures au total), avec des scénaristes qui en font trop: par exemple l'ex-femme de Jonas fait partie de l'équipage du sous-marin en détresse; ou, dans la seconde moitié, une collision entre deux hélicoptères vient s'ajouter aux malheurs que fait subir le gros requin…

Mais il y a les répliques d'humour conventionnelles dans ce genre de films d'action, des histoires de famille (Suyin et son père, Suyin et sa fille de 8 ans), et suffisamment d'action, d'effets spéciaux et de suspense pour faire oublier les outrances du scénario. C'est typiquement un film du mois d'août –loin des qualités et de l'inventivité des Dents de la mer de Steven Spielberg–, à aller voir pour finir les vacances. Même si on les passe au bord de la mer.


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