Péplum biblique

"Exodus": Ridley Scott ressuscite les Dix Commandements

Avant sa traversée du désert, Moïse (Christian Bale) était un chef militaire de l'armée du pharaon. - ©20th Century Fox

Ridley Scott, le réalisateur de "Gladiator", revient au péplum avec son dernier film, "Exodus: Gods and King", qui sort ce mercredi 24 sur les écrans français. C'est le remake des "Dix Commandements", qui raconte l'histoire de Moïse.

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Plus d'un demi-siècle après Cecil B. DeMille, revoici Les Dix Commandements. C'est avec toute la force et la puissance d'un budget de 140 millions de dollars, de milliers de figurants, de la technologie moderne pour les effets spéciaux et de la 3D que Ridley Scott ressuscite le péplum, sans aucun complexe et avec une assurance et une maestria qui lui avaient valu cinq Oscars il y a 13 ans pour Gladiator.

Son Exodus: Gods and Kings, qui raconte l'histoire de Moïse, est un remake à grand spectacle des Dix Commandements, dernier film de Cecil B. DeMille en 1956, avec Charlton Heston et Yul Brynner. Les deux rôles sont ici repris par Christian Bale et Joel Edgerton.

On connaît l'histoire: 1.300 avant J.-C., Ramsès, le fils du pharaon d'Egypte Sethi, et Moïse ont grandi ensemble et ont été élevés comme des frères. Quand Ramsès succède à son père à la mort de celui-ci, c'est tout naturellement que Moïse, redoutable chef de guerre, devient son second et son plus fidèle conseiller.

Mais tout change quand Ramsès apprend que Moïse est un hébreu, recueilli bébé par la famille du pharaon alors qu'il dérivait dans un panier au fil du Nil –ce que Moïse lui-même ignorait. Les hébreux sont honnis par les Egyptiens, qui les utilisent comme esclaves pour construire leurs palais et leurs statues. Le pharaon décide alors d'exiler son "frère" dans le désert, où il est voué à une mort certaine.

Et pourtant Moïse survivra. Trouvera refuge dans un village après des jours de marche. Passera plusieurs années à construire une famille, avec femme et enfant. Avant de retourner libérer son peuple et le conduire, guidé par la voix de Dieu, vers la Terre promise...

Rien ne manque dans cette saga biblique de deux heures et demie, dont les passages les plus spectaculaires sont les plaies d'Egypte qui s'abattent sur le régime des pharaons par la volonté divine: crocodiles, grenouilles, insectes, peste, grêle, mouches, sauterelles... avant la plus terrible d'entre toutes, dramatique, qui incitera Ramsès à libérer les esclaves et à les laisser partir avec Moïse à leur tête.

Cette fuite, avec les soldats du pharaon aux trousses, sera le deuxième morceau de bravoure du film, avec le fameux passage de la Mer Rouge, quand Moïse dit à son peuple, inquiet et incrédule: "Suivez-moi et vous serez libres (…). Dieu est avec nous". Un Dieu dont le dialogue avec Moïse est mis en scène de façon originale par Ridley Scott, parfois à la limite du ridicule, mais avec un intéressant parti pris de réalisation.

La 3D, elle, donne un peu aux personnages des allures de figurines, mais se justifie davantage dans les grandes scènes d'action, avec combats, courses de chars, pyramides et statues géantes. La bataille du début, quand Ramsès et Moïse sont encore amis, est impressionnante, avec chars, flèches, glaives, armures, chevaux, lances, tentes et duels dans la poussière.

Et les acteurs? Sans faire oublier Charlton Heston, Christian Bale s'en tire bien, à la fois charismatique et humble, tour à tour sûr de lui et hésitant. Moins connu, Joel Edgerton, une fois qu'on s'est habitué à son physique de petite frappe bodybuildée, arrive lui aussi à rendre crédible un Ramsès tourmenté et confronté à des décisions difficiles.

Chez les seconds rôles, Beng Kingsley, en vieux sage hébreu, arrive à faire oublier les costumes et le maquillage hollywoodiens, ce qui n'est pas tout à fait le cas, dans les rôles du pharaon Sethi et de sa femme, de John Turturro (il est mieux dans les rues de New York) et de Sigourney Weaver (on la préfère dans l'espace).

Le film a été tourné aux studios Pinewood à Londres, aux îles Canaries et dans la région d'Almeria, dans le sud de l'Espagne, qui a jadis fourni les décors aux westerns de Sergio Leone, à Lawrence d'Arabie et aux Aventuriers de l'Arche perdue. On souhaite le même destin cinématographique à cet Exodus impressionnant, impeccablement maîtrisé par le réalisateur britannique d'Alien, de Blade Runner et de Prometheus: il fallait oser ce remake, il l'a fait, et son film ne manque pas de souffle épique.

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

 


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