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"L'empereur": les manchots de Luc Jacquet ne baissent pas les bras (VIDÉO)

Sur la banquise, les manchots empereurs luttent pour leur survie. - ©DisneyNature

C'est la suite de "La marche de l'empereur", le documentaire à succès de 2005. Luc Jacquet est retourné en Antarctique pour filmer les manchots dans son nouveau film "L'empereur", qui sort ce mercredi dans les salles.

Douze ans après le succès de son documentaire La marche de l'empereur, Luc Jacquet donne une suite aux aventures des manchots de l'Antarctique qui, dans l'un des endroits les plus inhospitaliers de la planète, ne baissent pas les bras et continuent de lutter pour leur survie.

Son nouveau film, L'empereur (ce mercredi 15 sur les écrans), raconte comment "l'appel de l'Antarctique" (c'était le titre initial de ce second film), cet instinct qui pousse les manchots à faire des kilomètres pour rejoindre l'océan afin de se nourrir, leur permet de survivre. "Cet Appel secret, cet instinct qui permet à l’empereur de réaliser le prodige d’être vivant là où plus personne d’autre ne vit, m’est apparu comme une révélation au cours de mon dernier voyage. Je ne l’avais pas perçu lorsque j’avais écrit La marche de l’empereur", explique Luc Jacquet.

Le film raconte donc, dans l'Antarctique (c’est-à-dire au Pôle Sud) les épreuves et la lutte d'un manchot empereur (à ne pas confondre avec un pingouin) qui retrouve sa compagne et leur petit, et va les protéger jusqu'à ce que celui-ci grandisse et entame sa migration vers l'océan et sa propre vie.

L'histoire est faite de quelques retours en arrière, quand les parents se sont rencontrés et choisis sur la banquise, puis quand le poussin est né et qu'il a fallu protéger l'œuf du froid et du vent. On suit ensuite l'évolution et la croissance du petit, les allers-retours de la mère ou du père entre lui et l'océan pour le nourrir, et le combat de tous pour la survie…

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Cela rappelle La marche de l'empereur, gros succès de 2005 (1,7 million de spectateurs en France, un César, un Oscar), qui montrait un couple de manchots s'occuper de leur petit et effectuer une longue marche sur la banquise.

Luc Jacquet, fasciné par les lieux, y est retourné à l'automne 2015 dans le cadre de l'expédition Antarctica organisée par son ONG Wild Touch. "L’Antarctique m’obsède et me transporte. Chaque fois que j’y retourne c’est un rêve, un éblouissement et une aventure. La magie demeure intacte. J’y ai passé trois ans et demi en temps cumulé et je ne m’en lasserai jamais", explique-t-il. "Au fond de moi, je garde le sentiment de ne pas avoir tout raconté des empereurs, qu’une partie de leur vie m’échappait encore. Au point de remuer ciel et terre pour organiser cette nouvelle expédition".

Et c'est là qu'il a eu l'idée de donner une suite à La marche de l'empereur. "C’est lors de l’expédition, en assistant au départ des poussins vers la mer, que l’idée de faire un film est née dans mon esprit. Pourquoi se mettaient-ils en route si soudainement? Avaient-ils entendu un signal? Sédentaires, ils vivaient depuis quatre mois au sein de la colonie et tout à coup ils décidaient de prendre le large. J’ai décidé de les suivre…"

En un peu moins d'une heure et demie, avec des commentaires en voix off de Lambert Wilson, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Certes beaucoup de séquences donnent un air de déjà-vu, mais on ne peut s'empêcher d'être encore et toujours séduit par ces images fascinantes, impeccablement filmées: la nage collective des manchots vue d'en haut puis sous l'eau, l'œuf à peine pondu qui passe de la mère au père pour être protégé du froid, les manchots qui se reconnaissent à leur cri, le groupe qui fait "la tortue" comme les légionnaires romains pour lutter contre la tempête, les longues marches à la queue leu leu ou les glissades sur le ventre, l'arrivée des petits à l'océan et leur premier plongeon…

Il y a des ralentis, des gros plans, des paysages superbes, des levers et des couchers de soleil, du grand blanc et du grand bleu, des séquences filmées la nuit (la colonie de manchots ressemble à une secte) et surtout des images sous-marines à couper le souffle, dans l'océan sous la banquise, là où les manchots peuvent plonger jusqu'à 600 mètres de profondeur en apnée pendant une vingtaine de minutes.

Tant de beauté sur la banquise, loin de la civilisation –l'Antarctique est un territoire international protégé par un traité de l'ONU–, font réfléchir sur la conservation des espèces et sur les dangers du réchauffement climatique. Luc Jacquet devrait envoyer le DVD du film à Donald Trump –rien que le titre devrait lui plaire…

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):


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