Hasard et philosophie

"L'homme irrationnel": Woody Allen philosophe, Joaquin Phoenix intrigue (VIDEO)

Joaquin Phoenix et Emma Stone: un couple particulier. - ©Mars Distribution

Les philosophes ont beau tout imaginer sur le sens de la vie, rien n'est plus fort que le hasard. C'est ce que démontre Woody Allen dans son nouveau film, "L'homme irrationnel", ce mercredi 14 octobre sur les écrans, avec Joaquin Phoenix et Emma Stone.

Il s'est souvent moqué de la psychanalyse et des psys, qu'il connaît bien. Dans L'homme irrationnel, son 45e film comme réalisateur, Woody Allen, s'en prend ironiquement à une autre science sociale qui l'intéresse et ceux qui la pratiquent: la philosophie et les philosophes.

Joquin Phoenix fait ses débuts chez Woody Allen. Il interprète un professeur de philosophie, Abe Lucas, écrivain talentueux et brillant, mais alcoolique, écorché vif, désabusé, cynique, solitaire, pessimiste. Il a perdu toute joie de vivre, ayant l'impression d'avoir raté sa vie sur tous les plans -militantisme, enseignement, vie privée: tout ce qu'il a entrepris n'a servi à rien, pense-t-il.

Quand il débarque comme nouveau prof dans l'université d'une petite ville, il entame une relation sans grand enthousiasme avec une collègue, en manque affectif et qui lui met le grappin dessus. Mais c'est une de ses élèves, Jill Pollard (Emma Stone), sa meilleure étudiante, qui lui porte le plus grand intérêt.

Elle a un petit ami et ne pense pas séduire son prof, lui-même refuse toute aventure sentimentale avec elle, ils deviennent amis et discutent de choses et d'autres -ils philosophent. Mais l'esprit tourmenté et tortueux de ce prof de philo brillant, et séduisant malgré lui, fascine de plus en plus la jeune étudiante, qui peu à peu tombe amoureuse.

Il repousse ses avances. Mais un événement imprévu va tout bouleverser. Ils surprennent la conversation d’un étranger, dans un restaurant, et sont choqués tous les deux. Le prof va alors prendre une décision cruciale, oublier la philosophie pour passer à l'action, redonner un sens à son existence. Mais tout cela aura, pour tous les deux, des conséquences qu'il ne devine pas...

A 79 ans, Woody Allen n'a rien perdu de son art de mélanger humour, suspense policier et histoires sentimentales. Il retrouve ici la veine de Match Point, il y a 10 ans, qui mettait déjà en scène son acteur préféré: le hasard. "Je crois fermement au caractère totalement aléatoire et futile de l’existence", dit-il. "C’est ce que j’avais tenté de montrer dans Match Point et qu’Abe enseigne à ses étudiants: la vie tout entière se déroule sans rythme, ni rationalité. Nous sommes tous soumis aux fragiles contingences de l’existence. Comme chacun sait, il suffit d’être au mauvais endroit, au mauvais moment..."

Joaquin Phoenix, ombrageux et superbe, parfait dans le rôle du prof désabusé qui ne se déplace pas sans sa flasque d'alcool dans la poche, et Emma Stone, nouvelle muse rousse aux yeux verts de Woody Allen puisqu'elle était dans son précédent film Magic in the Moonlight, forment un joli couple irrationnel, rassurant avant d'être presque inquiétant, dont le hasard s'amuse à contrarier le destin.

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

 


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