Mort-vivant

Ressusciter "La Momie": la mauvaise idée de Tom Cruise

Tom Cruise et Annabelle Wallis ont déchaîné la colère des dieux anciens. - ©Universal Pictures

"La Momie", dernier film avec Tom Cruise et premier d'une nouvelle franchise d'Universal consacrée aux monstres célèbres du cinéma, sort en salles ce mercredi. Une adaptation d'adaptation qui laissait craindre le pire. Celui-ci n'est pas au rendez-vous grâce à une bonne réalisation et un rythme très soutenu. Mais faute d'originalité, on est tout de même loin du meilleur.

Dans les salles ce mercredi 14, La Momie d'Alex Kurtzman avec Tom Cruise démontre deux choses si besoin est. La première c'est que Hollywood est définitivement à court d'idées. Car après avoir donné une suite à tous les succès des années 80 et 90, épuisé tous les supers-héros, réédité presque tous les Disney, voilà que l'usine à rêves reprend un classique de 1932, déjà réédité en 1999, en y ajoutant stars, effets spéciaux et un budget conséquent sans être pharaonique (125 millions de dollars, la moitié du dernier Avengers).

Le second enseignement, c'est qu'à ce jeu-là, Hollywood s'en tire toujours bien. Le résultat ne rentre pas dans la catégorie des chefs-d’œuvre -ce n'est pas le but de ce blockbuster- mais n'est pas la catastrophe que le concept laissait craindre.

Comme dans la version originelle, une momie égyptienne condamnée au pire des châtiments pour des crimes odieux est restée enfouie des millénaires. Comme dans la dernière adpatation, un aventurier cupide (Tom Cruise) et une jeune et belle archéologue (Annabelle Wallis) vont la réveiller, et celle-ci va s'empresser d'aspirer la vie des malheureux qui la croisent pour renforcer ses terribles pouvoirs.

Mais cette fois l'action ne se déroule pas au début du XXe siècle mais de nos jours. La Momie est bien plus gironde sous les traits de Sofia Boutella qu'elle ne l'était sous ceux de Boris Karloff ou d'Arnold Vosloo. Et ce n'est donc pas l'âme de la jolie fille mais celle du beau gosse qu'elle vient réclamer.

Le scénario connaît quelques incohérences et bien des grosses ficelles: faire brusquement surgir des monstres de l'ombre n'a rien de nouveau. Pas plus qu'une historie d'amour éternel qui naît en 24 heures. Et on sait déjà que Tom Cruise va sauver le monde à la fin. Mais à quel prix? Là est la question.

Dans cette machine commerciale, on trouve en effet quelques sources de satisfaction. Un fantôme pince-sans-rire, du tabassage de zombies à la Walking Dead, les yeux noirs de Sofia Boutella qui valent bien d'être damné... A peine a-t-on eu le temps de constater l'absurdité de la présence du docteur Jekyll dans cette histoire qu'on est agréablement surpris par la prestation de Mr. Hyde.

Le film doit beaucoup à des scènes d'actions impressionnantes (mention spéciale au crash aérien) et surtout au rythme effréné qui évite de s'attarder sur les bizarreries et de s'ennuyer durant ces 100 minutes intenses et finalement divertissantes.

Une intensité qui ne suffit pas à gommer le manque de profondeur et d’originalité mais qui maintient le film à flots. Cela et la présence d'un des acteurs les plus "bankable" au monde garantit son succès en salle, peut-être pas la satisfaction du public à la sortie.

En définitif La Momie réussit à créer à la fois l'étonnement et l’effroi. L'étonnement qu'Alex Kurtzman et Tom Cruise aient réussi à lui faire tenir la route malgré une base de travail très faiblarde. L’effroi à l'idée de ce que cela aurait pu être. Pour les premiers pas de sa franchise du "Dark Universe" (réunion de monstres mythiques de Dracula à la créature de Frankenstein en passant par l'Homme invisible), Universal se contente de limiter la casse, mais transpire donc le manque d'assurance.

 


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