Sortie ciné

"Sans un bruit": chuuuuut! (la critique garantie sans spoiler)

La mère (Emily Blunt) demande à sa fille (Millicent Simmonds) de ne pas faire de bruit, car les monstres ont de grandes oreilles... - ©Jonny Cournoyer/Paramount Pictures

CRITIQUE – Dans le film américain "Sans un bruit" qui sort ce mercredi, une famille de survivants, dans un monde désert et ravagé par des monstres, survit dans la campagne en essayant d'être le plus silencieuse possible. Car les monstres attaquent au moindre son perceptible…

SORTIE CINÉ – C'est le monde du silence. Dans le film d'horreur Sans un bruit qui sort ce mercredi 20 juin, une famille isolée est menacée d'être attaquée par des monstres qui réagissent au moindre bruit: "S'ils vous entendent, il est déjà trop tard", dit le slogan de l'affiche et de la bande-annonce.

Le film commence au 89e jour de l'après-catastrophe. Dans un monde désert où ne subsistent, sans contact les uns avec les autres, que quelques survivants après une attaque planétaire de monstres traquant le moindre bruit, la famille Abbott fait quelques courses dans un bazar-pharmacie de la ville, à l'abandon, sans âme qui vive.

Evelyn (Emily Blunt), son mari Lee (John Krasinski) et leur trois enfants Regan (15 ans), Marcus (12 ans) et Beau (5 ans), marchent pieds nus, communiquent avec le langage des signes et évitent de faire le moindre bruit sec ou fort. Défi supplémentaire: Regan, l'aînée, est sourde-muette (elle est interprétée par la jeune actrice sourde-muette Millicent Simmonds).

Après cette visite rapide en ville, la famille rentre chez elle, à la campagne. Mais sur le chemin le petit dernier, Beau, a la mauvaise idée de mettre une pile dans la maquette de navette spatiale qu'il a prise dans le bazar, et d'appuyer sur le bouton on/off. Le bruit strident du jouet lui est fatal: un monstre passe en un éclair et l'emporte (c'est dans la bande-annonce, à voir ci-dessous).

On passe ensuite au 472e jour post-apocalypse. La famille Abbott, désormais réduite à quatre, vit dans une grande ferme de deux étages isolée dans la campagne, au sous-sol bunker rempli d'ordinateurs, d'écrans de contrôle et d'appareils radio. Dans la maison comme à l'extérieur, le silence, c'est la survie car les monstres –que l'on devine aveugles, mais à l'ouïe fine– sont à l'affût dans la forêt.

Le père, la mère et les deux enfants communiquent avec les mains, mangent, jouent au Monopoly, écoutent de la musique avec un casque, dansent, s'embrassent, respirent, dorment –le tout en silence, ou en ne faisant que de tout petits bruits. Mais un gros problème les menace: Evelyn est enceinte. Déjà mère d'une fille aînée sourde, elle n'a sans doute pas l'espoir d'accoucher d'un bébé muet…

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Ce n'est pas le film le plus vraisemblable de l'année, mais l'idée de départ est originale et, si l'on se laisse emporter par l'atmosphère d'angoisse et d'horreur habilement installée au fil des minutes (le film est interdit aux moins de 12 ans), on vit une heure et demie délicieusement effrayante et éprouvante pour les nerfs. Seul petit regret: les monstres, longtemps invisibles, deviennent un peu moins terrifiants –tout est relatif, certes– quand ils apparaissent dans la seconde moitié du film, petits cousins des vélociraptors de Jurassic Park et des monstres d'Alien.

Le film est réalisé par John Krasinski, 38 ans, acteur depuis les années 2000 puis passé à la réalisation avec deux films intimistes passés inaperçus en 2009 (Brief Interviews With Hideous Men) et en 2016 (La famille Hollar). Il interprète lui-même le père de famille, au côté d'Emily Blunt, remarquée récemment dans Sicario en 2015 et La fille du train en 2016, et qui est aussi sa femme dans la vie privée.

Lire la critique – La fille du train: une Emily Blunt peut en cacher une autre

Tous deux sont en couple depuis 10 ans et ont eu deux filles en 2014 et 2016. Et c'est juste après la naissance de la seconde, en juin 2016, que John Krasinski s’est penché pour la première fois sur le scénario de Sans un bruit. Cela l'a conduit, au-delà du film d'horreur, à insister sur le caractère familial de l'histoire, sur les relations entre les personnages, sur le besoin vital de lien social et de communication entre les êtres humains, et sur la protection qu'attendent les enfants de leurs parents.

"J’étais déjà en train de faire face à toutes les angoisses du jeune parent –comment protéger mes filles et être un bon père– quand j’ai reçu ce scénario, si bien que je m’y suis identifié à un niveau très personnel", explique-t-il. "J’ai senti que sous la surface de l’histoire, il y avait une métaphore intéressante mais terrible sur le rôle d’un parent. J’étais vraiment très à fleur de peau et très nerveux à ce moment-là, et ça a donc été très fort d’imaginer ce que des parents seraient prêts à faire pour protéger leurs enfants, c’est-à-dire faire l’impossible, vivre sans un bruit".

"A quoi on sert, si on ne peut pas les protéger?", dit d'ailleurs Emily Blunt dans le film. Et à la fin, justement –mais chuuuuut!, il ne faut rien dire…


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