Le nouveau film de Woody Allen

"Wonder Wheel": la roue de l'infortune de Kate Winslet (vidéo)

Kate Winslet, ancienne actrice devenue serveuse, se laisse séduire par Justin Timberlake, maître-nageur qui veut devenir dramaturge. - ©Mars Distribution

Kate Winslet se bat pour une vie sentimentale meilleure dans "Wonder Wheel", le dernier film de Woody Allen qui sort ce mercredi. Justin Timberlake interprète l'un des trois autres personnages principaux de ce film dont l'histoire a comme toile de fond la fête foraine de la plage de Coney Island dans les années 50.

Amours, trahisons, destins contrariés et agissements de la Mafia dans le New York des années 50: les trajectoires de quatre personnages se croisent dans le nouveau film de Woody Allen Wonder Wheel, qui sort ce mercredi 31 sur les écrans français.

Le narrateur de l'histoire est Mickey (Justin Timberlake), un ancien marin séduisant et séducteur qui travaille l'été comme maître-nageur sur la plus célèbre plage de la ville, à Coney Island, mais veut devenir dramaturge et prépare son master d'art dramatique. Il tombe sous le charme de Ginny (Kate Winslet), ex-actrice lunatique plus âgée que lui et reconvertie comme serveuse dans un restaurant.

Ginny, qui a eu un fils d'un premier mariage, a sombré dans la dépression et n'a dû son salut qu'en rencontrant et en épousant Humpty (Jim Belushi), opérateur de manège, qui lui aussi était mal en point: il souffrait de la disparition de sa femme et du départ de sa fille Carolina (Juno Temple), mariée à un gangster.

Ginny est loin de nager dans le bonheur, Humpty est alcoolique et passe plus de temps avec ses copains pêcheurs qu'avec elle, et elle voit donc en Mickey l'occasion de reconstruire une vie sentimentale plus heureuse. Mais tout va être bouleversé quand Carolina, après cinq ans d'absence, refait surface et se réfugie chez son père pour fuir des gangsters à ses trousses…

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La fête foraine de Coney Island, au bord de l'océan, et sa grande roue servent de décor nostalgique à ce 47e film de Woody Allen, 82 ans, qui continue son rythme de réalisateur quasi-annuel: son dernier, Café Society, date de mai 2016 (lire la critique ici).

Ici, l'évocation des quatre personnages est surtout l'occasion de s'intéresser à celui de Ginny et à sa vie sentimentale contrariée. "Qu’on se plonge dans les tragédies grecques, ou qu’on lise Stendhal, Tolstoï ou Dickens, les relations amoureuses sont omniprésentes car elles sont sources d’angoisses et de conflits. Elles font surgir des émotions et des situations à la fois complexes, profondes, intenses, déroutantes et fortes", explique le réalisateur.

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Et d'ajouter: "Je me suis toujours intéressé aux problèmes des femmes. Au fil des siècles, les hommes ont eu tendance à exprimer moins volontiers leurs souffrances: le mot d’ordre masculin consiste à ne pas avouer qu’on souffre. (…) À l’inverse, les femmes se sont toujours senties plus enclines à afficher leurs sentiments. J’ai essentiellement tourné des comédies mais quand j’ai réalisé des drames, je me suis presque toujours –pas toujours, mais presque– attaché à des femmes dans des situations critiques".

C'est donc une femme qui se bat pour ne pas passer à côté de sa vie, une femme qui ne baisse pas les bras malgré le sort contraire, une femme qui a du mal à se relever mais se relève quand même, une femme à la fois faible et forte qu'interprète Kate Winslet, dont c'est le premier film avec Woody Allen. La dernière fois que le réalisateur avait dressé le portrait d'une femme avec autant de force, c'était dans l'un de ses meilleurs films de ces dernières années, Blue Jasmine, qui avait valu à Cate Blanchett l'Oscar de la meilleure actrice en 2014.


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