Cérémonie

Festival d'Angoulême: le Fauve d'Or récompensera ce samedi soir le meilleur album de BD

Au total, 66 albums, représentant tous les genres, sont en lice pour les différents prix du festival d'Angoulême. - ©Pierre Dufour/AFP

Le Fauve d'Or du meilleur album de BD sera décerné ce samedi soir à Angoulême. Au total, ils sont dix dont deux femmes à pouvoir prétendre à ce prix qui n'est autre que la consécration suprême pour un auteur de bande dessinée.

Ils sont dix dont deux femmes à pouvoir prétendre au Fauve d'Or du meilleur album de BD décerné samedi 28 au soir à Angoulême, dans une ambiance plus sereine que l'an dernier quand la distribution des prix avait tourné à la farce. "La cérémonie de remise des Fauves sera plus sobre", promet une porte-parole du comité d'organisation. Cette cérémonie doit débuter à 19h au théâtre d'Angoulême.

L'an dernier, la cérémonie avait été gâchée et jugée "humiliante" par nombre d'auteurs et d'éditeurs après une annonce de prix qui s'était avérée être un canular douteux. Des auteurs avaient sincèrement cru avoir été récompensés avant d'apprendre qu'il s'agissait d'une "blague". Outrés, des éditeurs avaient menacé de boycotter le festival.

Le jury chargé d'attribuer le Fauve d'Or, la consécration suprême pour un auteur de BD, doit se réunir à huis clos à 12h pour ses ultimes délibérations. Présidé par l'illustratrice britannique Posy Simmonds, 71 ans, et comprenant notamment Mathias Enard, prix Goncourt 2015, le jury de sept membres doit faire son choix parmi dix finalistes dont la Française Catherine Meurisse, une survivante de Charlie Hebdo, que beaucoup considèrent comme la favorite.

Livre lumineux sur la résilience, son album La légèreté (Dargaud), bientôt adapté au cinéma, raconte l'histoire de sa lente renaissance après ces événements tragiques, dans lesquels sont morts ses amis dessinateurs. Mais la dessinatrice aura face à elle des auteurs chevronnés comme Martin Veyron (Ce qu'il faut de terre à l'homme, Dargaud), Daniel Clowes (Patience, Cornélius) ou de nouveaux talents dont Mathieu Bablet (Shangri-La, Ankama), Néjib (Stupor Mundi, Gallimard BD), Antoine Marchalot (Histoires croûtes, Les Requins marteaux) ou encore Éric Lambé et Philippe de Pierpont (Paysage après la bataille, Actes Sud/Fremok).

Une autre femme, la Sud-Coréenne Ancco (Mauvaises filles, Cornélius) est également en lice pour le prestigieux prix ainsi que la mangaka japonais Minetarô Mochizuki (Chiisakobé, tome 4, Le Lézard noir). Lui aussi finaliste pour le Fauve d'Or, Emmanuel Guibert (Martha & Alan, d'après les souvenirs d'Alan Ingram Cope, L'Association) a déjà reçu mercredi soir le prix René-Goscinny du scénario pour l'ensemble de son oeuvre.

Au total, 66 albums, représentant tous les genres, sont en lice pour les différents prix du festival. Outre le Fauve d'Or, le grand jury doit décerner un prix spécial, le prix de la série et le prix de la révélation. Il y aura également le prix du patrimoine, le prix du public-Cultura et le prix polar-SNCF. Le prix jeunesse a déjà été attribué jeudi au dessinateur Tebo pour La jeunesse de Mickey (Glénat), un album follement drôle. L'an dernier, c'est le dessinateur américain Richard McGuire qui avait remporté le précieux trophée pour son roman graphique Ici (Gallimard). Du côté du off, on attend en début d'après-midi le prix couilles-au-cul récompensant "le courage artistique" d'un auteur de BD.

Mais ce samedi sera surtout pour les festivaliers l'occasion de rencontrer leurs auteurs favoris et faire dédicacer leurs albums. Un peu esseulé dans les allées des stands, le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot a eu droit à une dédicace du dessinateur Jul sur un exemplaire de La terre promise, le dernier Lucky Luke, le cow-boy solitaire. Bain de foule en revanche pour Jean-Luc Mélenchon qui a confié que sa BD préférée était Alix le jeune Gaulois au service de Rome. Le candidat de la France insoumise a discuté pendant plus de deux heures, à huis clos, avec une dizaine d'auteurs et éditeurs qui ont pu lui faire part des problèmes de leur profession. "C'est quelqu'un qui est vraiment à l'écoute. Plutôt sympa et cool", a raconté ensuite à l'AFP Jean-David Morvan, scénariste de BD et auteur notamment d'un album sur Jaurès.

Si l'année 2016 a été une bonne année pour la BD la grande majorité des quelque 1.500 dessinateurs et scénaristes ont toujours beaucoup de mal à vivre décemment de leur métier, selon le dernier rapport de l'Association des critiques de bande dessinée (ACBD).

 


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