C'était dans "France-Soir"

Février 1958: le zouave du Pont de l’Alma a les genoux dans l’eau (VIDEO)

La Une du 28 février 1958. - ©DR

En février 1958, Paris enregistre une crue de la Seine, illustrée par la montée des eaux au niveau des genoux du zouave du Pont de l’Alma. Mais rien de comparable avec les inondations de 1955 et surtout de 1910.

Trois cents ans, quasiment jour pour jour, après la plus grande crue historique de la Seine à Paris, France-Soir s’inquiète, le vendredi 28 février 1958, de la montée des eaux dans la capitale.

"La Seine monte de 3 à 5 centimètres par heure", titre le journal de Pierre Lazareff en publiant une photo du zouave du Pont de l’Alma surmontée de cette phrase: "A Paris, le flot lèche les genoux du zouave". Sur la photo, France-Soir a matérialisé les niveaux de quatre autres crues. La hauteur du fleuve n’atteint pas celles de 1910 (le cou du zouave) et de 1955 (le coude du zouave), mais est déjà supérieure au niveau des crues les plus récentes, celles du 18 février 1957 et du 10 février 1958.

La pluie et le mauvais temps sévissent en cette fin d’hiver 1958. Dans ses titres en première page, le quotidien signale notamment: "Quais submergés et navigation interrompue à Paris"; "4.000 personnes menacées à Villeneuve-Saint-Georges" par les inondations de la Seine en amont de la capitale; "Dans l’Est, routes coupées"; mais aussi "11 morts par le froid dans le Nord".

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Mais la situation, dans les jours suivants, n’atteindra pas les niveaux catastrophiques connus par le passé dans l’histoire des crues de la Seine. France-Soir précise que, ce 28 février, "le fleuve a atteint 5,10m au pont d’Austerlitz".

"Premières infiltrations dans le souterrain du Carrousel, quai Malaquais (20cm). Mais pas d’inquiétude pour Paris avant la cote d’alarme des 6 mètres", ajoute le quotidien.

Cette crue de février 1958 ne dépassera en effet pas les 6 mètres de l’échelle d’Austerlitz qui mesure le niveau de la Seine, et au-dessus duquel on parle de "grande crue", le niveau de 7 mètres étant, lui, associé à des "crues exceptionnelles".

A 14 reprises depuis le XVIIe siècle –où on a commencé à recenser les crues au niveau du pont d’Austerlitz (construit deux siècles plus tard)–, le niveau de la Seine a dépassé les 7 mètres. Le record historique date du 27 février 1658, avec 8,96m.

Juste derrière, avec 8,62m mesurés, se situe la fameuse crue de janvier 1910, qui provoqua des inondations dans plusieurs quartiers de Paris et mis plus d’un mois à se résorber.

Deux autres "crues exceptionnelles" furent enregistrées au XXe siècle: en janvier 1924 (7,30m) et en janvier 1955 (7,12m).

Mais c’est bien sûr la crue de 1910 qui a marqué les esprits, et fait encore aujourd’hui l’objet d’études et de colloques, car elle est qualifiée de "centennale", c’est-à-dire censée statistiquement avoir lieu tous les siècles.

L’Etat et les autorités du Bassin parisien s’y préparent, depuis des années, l’Ile-de-France étant le point de rencontre d’importants cours d’eau tels que la Seine, la Marne, l’Oise ou l’Yonne.

Début 2014, l’OCDE a publié un rapport mettant en avant les faiblesses des plans de prévention prévus par les pouvoirs publics, et plaidant notamment pour une meilleure harmonisation des différents intervenants chargés de préparer les mesures en cas de scénario catastrophe.

(Voir ci-dessous, sur le site de l’INA, vidéo muette à propos de la crue de la Seine en février/mars 1958):

 


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