C'était dans "France-Soir"

Le 17 janvier 1991, début de la deuxième guerre du Golfe (VIDEO)

La Une du 17 janvier 1991. - ©DR

Aux premières heures du 17 janvier 1991, l'aviation des Etats-Unis et celles de leurs alliés britanniques et français commencent à bombarder l'Irak. C'est le début de la deuxième guerre du Golfe, dont l'objectif a été fixé par l'ONU: libérer le Koweït occupé par Saddam Hussein depuis cinq mois.

Un seul gros titre barre la Une de France-Soir ce jeudi 17 janvier 1991: "1h00: la guerre". C'est le début de la deuxième guerre du Golfe.

La veille, a expiré l’ultimatum fixé à l’Irak de Saddam Hussein par l'ONU lui enjoignant de se retirer du Koweït, qu’il occupe depuis le 2 août 1990. Les Etats-Unis de George Bush (père) et une trentaine d'alliés, dont la France, lancent donc ce 17 janvier l'opération "Tempête du désert" visant à libérer le Koweït.

Au-dessus d'une grande carte localisant les bases aériennes alliées dans la région, France-Soir publie une photo de l'Assemblée nationale française, avec cette légende: "Moment historique à l'Assemblée nationale: les députés, debout, écoutent le message du président de la République. Puis, à 15h30, ils ont donné le feu vert au gouvernement pour le recours à la force dans le Golfe". Réunis en session extraordinaire ce mercredi 16 janvier, les députés ont approuvé, par 523 voix contre 43, l'entrée en guerre de la France, après avoir écouté le message de François Mitterrand et la déclaration de son Premier ministre, Michel Rocard.

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Dans la soirée, à 20h, le chef de l'Etat prononcera une allocution télévisée pour expliquer que "depuis ce matin, la crise internationale est entrée dans une phase décisive. Depuis ce matin, le délai accordé par l'ONU à la réflexion, et autant que possible au dialogue, entre ceux qui pouvaient infléchir le destin est maintenant dépassé". Et François Mitterrand d'ajouter, solennel: "Sauf événement imprévu donc improbable, les armes vont parler".

Les armes, principalement les avions, parlent cinq heures plus tard, à partir de 0h GMT jeudi 17 janvier (1h heure de Paris). France-Soir consacre huit pages à ces premières heures de la guerre, précisant en Une que "tout était en place pour le déclenchement de la première vague aérienne, qui décollait à 23h07 et atteignait ses objectifs à 1h du matin. La guerre commençait".

Sous le commandement du général américain Norman Schwarzkopf, l'opération "Tempête du désert", lancée à partir du territoire saoudien, sera la plus importante depuis la Seconde guerre mondiale: 700.000 soldats de 26 pays, 4.000 chars, 1.500 avions, 65 navires de guerre.

L'aviation des Américains et celles de leurs alliés effectueront des bombardements intensifs pendant plus d'un mois sur des cibles militaires et économiques irakiennes. Puis une offensive terrestre d'une centaine d'heures, du 24 au 28 février, en direction de la ville de Koweït, mettra fin au conflit sur le terrain.

Bilan de cette deuxième guerre du Golfe (la première désigne le conflit Iran/Irak de 1980 à 1988): environ 200.000 morts civils et militaires du côté irakien, un demi-millier du côté des alliés. La guerre prendra officiellement fin le 11 avril 1991, Saddam Hussein ayant accepté les conditions de cessez-le-feu définies par le Conseil de sécurité de l'ONU (destruction de ses armes chimiques et biologiques et de ses missiles à longue et à moyenne portée).

Après avoir libéré le Koweït et occupé une partie du sud et du nord de l'Irak, les forces alliées se retireront sans avoir poussé leur avantage militaire jusqu'à Bagdad et sans avoir renversé le régime de Saddam Hussein. Certains, en Occident, le reprocheront à George Bush, qui arguera que ce n'était pas la mission assignée par l'ONU: simplement libérer le Koweït.

Placé sous embargo économique par l'ONU, Saddam Hussein gardera donc le contrôle du pays, matera dans le sang les velléités de rébellion interne –et massacrera notamment des milliers de Kurdes– et reconstituera pendant 12 ans une partie de son arsenal militaire.

C'est George W. Bush qui "finira le travail" de son père en lançant, en mars 2003, une guerre contre l'Irak avec l'aide de la Grande-Bretagne et d'autres alliés occidentaux –mais sans la France de Jacques Chirac. Celui-ci, et son ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, ne seront pas convaincus par les preuves d'armes de destruction massive irakiennes avancées par les Etats-Unis, et qui se révèleront fausses, deux ans plus tard.

Cette deuxième guerre-éclair contre l'Irak, lancée le 20 mars 2003, conduira à la chute de Bagdad le 9 avril et à l'arrestation de Saddam Hussein dans une cache souterraine le 13 décembre. Le dictateur irakien, au pouvoir depuis 1979, sera jugé deux ans plus tard par le nouveau régime à partir du 19 octobre 2005 et sera condamné à mort pour crimes contre l'humanité, puis exécuté par pendaison le 30 décembre 2006.

(Voir ci-dessous l'allocution télévisée de François Mitterrand le 16 janvier 1991 à 20h):

 


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