C'était dans "France-Soir"

Septembre 1982, la mort de Grace de Monaco (VIDEO)

La Une du 16 septembre 1982. - ©DR

Le 13 septembre 1982, dans un virage d’une route au-dessus du Cap d’Ail, la voiture que conduisait la princesse Grace de Monaco, avec sa fille Stéphanie à ses côtés, a quitté la route. L’épouse du prince Rainier est décédée le lendemain à l’hôpital, à 52 ans.

"Grace si belle dans la mort": ce titre s’étale en Une de France-Soir ce jeudi 16 septembre 1982, deux jours après la mort de la princesse de Monaco dans un accident de la route.

En dessous, une grande photo d’un des photographes du journal, Jacques Münch, montre la dépouille funèbre de Grace, le visage détendu, comme orné d’un sourire. La légende est la suivante: "Exposée dans le palais de Monaco, belle, sereine, drapée dans un châle de dentelle, la princesse Grace mêle aux grains d’un chapelet ses doigts où brille son alliance".

Mais dans ce numéro de France-Soir qui propose quatre pages spéciales, c’est l’état de santé de la deuxième fille de Grace, Stéphanie, qui inquiète. La jeune fille de 17 ans était aux côtés de sa mère dans la voiture accidentée, et "serait grièvement blessée aux vertèbres cervicales", rapporte le journal.

une-mort-grace-monaco-16.09.1982-francesoir.jpeg

Ce contenu n'est pas compatible AMP. Cliquez-ici pour accéder au site mobile

Mais le conditionnel est de rigueur, et dans son article de première page l’envoyé spécial Marc Babronski prend les précautions d’usage en parlant de "rumeur" faisant état d’une possible paralysie de Stéphanie, et en citant le communiqué du service d’information de la Principauté qui précise que "la princesse Stéphanie est actuellement soignée pour des troubles à la septième vertèbre cervicale qui ont nécessité la pose d’une minerve".

Choquée, grièvement blessée, Stéphanie ne gardera pas de séquelles physiques de l’accident mais ne pourra assister aux obsèques de sa mère, le 21 septembre, à la cathédrale de Monaco. Une cérémonie à laquelle seront présents notamment Danielle Mitterrand, Nancy Reagan, la princesse Diana, Frank Sinatra ou Cary Grant –qui avait joué avec elle dans La main au collet.

Dans ce film d’Alfred Hitchcock de 1955, Grace Kelly conduit à vive allure, Cary Grant à ses côtés, une décapotable sur les hauteurs de Monaco. C’est dans un virage de cette même route menant du Cap d’Ail à La Turbie que la princesse a eu son accident mortel, le 13 septembre 1982.

Ce matin-là, elle avait décidé de prendre elle-même le volant de la Rover familiale (que conduisait habituellement son chauffeur), pour conduire Stéphanie à un stage de haute couture. La voiture est sortie de la route, a enfoncé le rail de sécurité, et a dévalé une pente d’une dizaine de mètres avant de s’immobiliser sur le parking d’une villa en contrebas.

Grace a été projetée sur la banquette arrière de la voiture, ce qui alimentera longtemps la rumeur selon laquelle elle avait laissé le volant à sa fille Stéphanie. Une rumeur démentie par la Principauté, pour qui la cause de l’accident est sans doute un accident vasculaire cérébral: les lieux de l’accident ne portaient aucune trace de freinage et la princesse s’était plainte, la veille, de forts maux de tête.

Grace de Monaco décèdera le lendemain, mardi 14 septembre, à l’hôpital de Monaco, à l’âge de 52 ans. Après une brillante carrière à Hollywood, cette actrice américaine de toute beauté avait épousé le prince Rainier en 1956, avec qui elle eut trois enfants: Caroline, née en 1957; Albert, né en 1958, qui a succédé à son père décédé en 2005; et Stéphanie, née en 1965.

Hasard tragique de l’actualité, c’est le même jour que la princesse Grace qu’une autre personnalité est décédée: Bechir Gemayel, 34 ans, élu président du Liban trois semaines plus tôt et assassiné dans un attentat ce 14 septembre 1982.

Cette simultanéité des deux événements a causé sa place au présentateur du Journal de 13h d’Antenne-2 de l’époque, Bernard Langlois, qui avait trouvé judicieux de faire un parallèle entre les deux décès et les deux personnalités. Dans ses commentaires aux allures d’éditorial, il avait notamment qualifié la Principauté de Monaco de "trône planté sur un caillou cossu dans un royaume d’opérette" et estimé que la mort de Grace "ne changera rien au destin de l’humanité: juste un deuil ordinaire, la peine ordinaire d’une famille célèbre qui nous était familière par la grâce des gazettes".

Il avait également raillé "l’image du bonheur sucré véhiculée jusqu’à l’écoeurement par la presse du cœur", avant cependant d’ajouter que Grace "laissera le souvenir d’une personne de qualité. Cette roturière avait la noblesse naturelle et le prince Rainier, dont le choix à l’époque avait surpris, ne s’était pas mépris. Respectons sa peine, qui est sans doute immense". Sans doute.

(Voir ci-dessous, en anglais, les obsèques de la princesse Grace le 21 septembre 1982, résumées par la chaîne de télévision britannique ITN):


Voir la version optimisée mobile de cet article