Polémique

Droite et extrême droite vent debout contre un concert de Médine au Bataclan

Le rappeur Médine doit se produite au Bataclan en octobre prochain. - © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Des Identitaires aux Républicains, toute la droite s'oppose à l'organisation de deux concerts du rappeur Médine au Bataclan en octobre prochain. Pour les opposants, il s'agit d'une provocation au regard des textes du chanteur.

Pour ces détracteurs, ces concerts sont au mieux une provocation, au pire une profanation. Le rappeur Médine doit donner deux concerts en octobre prochain au Bataclan, provoquant une levée de boucliers à droite et à l'extrême droite.

Du côté des Identitaires, Damien Rieu en tête, on a juré de tout faire pour empêcher la tenue de ces deux évènements, quitte à s'y opposer physiquement.  "Je vous préviens, pas la peine de prendre vos places, ce concert n’aura pas lieu. Nous ne laisserons pas faire", a écrit le porte-parole de Génération identitaire et responsable de la communication de la ville FN de Beaucaire, dans le Gard, sur Twitter.

Les opposants au concert reprochent au rappeur un album intitulé Jihad, le plus grand combat est contre soi-même sorti en 2005 sur la jaquette duquel Médine posait en portant un T-shirt orné d'un sabre. Lui est également reproché son titre Don't Laïk (2015) où il dénonçait la laïcité qu'il considérait comme hypocrite car "instrumentalisée pour diaboliser l'islam". Il y déclarait notamment "Crucifions les laïcards comme au Golgotha".

Le chanteur avait finalement reconnu en 2017, lors d'une conférence à l'ENS, qu'il était allé trop loin dans la provocation: "La provocation n'a d'utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don't laïk, c'était inaudible, et le clip a accentué la polémique. J'ai eu la sensation d'être allé trop loin". "Mon message à ce moment-là s’adressait à ceux qui seraient tenté de partir combattre et à ceux qui ont une définition de ce terme complètement galvaudé", expliquait-il également au sujet de son album Jihad.

Après l'ultra-droite, c'est l'extrême droite institutionnelle qui a dénoncé la venue du rappeur polémique sur le lieu de la tuerie du 13 novembre. "Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan. La complaisance ou pire, l'incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit!", a dénoncé sur Twitter la présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen.

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"Comment peut-on imaginer que personne du côté du Bataclan ne se soit dit que c'était pas très à propos ce concert de Médine? Hallucinant. Chaque jour une nouvelle folie", a également fustigé Philippe Vardon, ex-Identitaire et désormais vice-président du Rassemblement national PACA

Une position partagée par des personnalités des Républicains comme Valérie Boyer, Roger Karoutchi ou encore Eric Ciotti. "Si la liberté d'expression est un droit fondamental, il y a des symboles qui ne peuvent être profanés. Je demande au Président Emmanuel Macron d'interdire ce concert", a appelé le député des Alpes-Maritimes.

Médine, de son côté, n'a pas encore réagi à la polémique. 


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