Tour de taille

Avoir un gros ventre, pire que d'être obèse sur le plan cardiaque?

Avoir un gros ventre, même sans être obèse, augmenterait les risques cardiaques. - © Paul ELLIS / AFP/Archives

Selon une étude américaine, avoir un trop gros ventre serait encore plus mauvais que d'être en surpoids quant aux risques de maladies cardiaques. Si le tour de taille s'approche trop du tour de hanche, il s'agit selon eux d'un critère alarmant, même si l'indice de masse corporelle est normal. Ils parlent d'"obésité abdominale".

Un gros ventre serait un marqueur plus inquiétant que le seul surpoids, selon une étude réalisée par des médecins américains de la clinique Mayo, l’une des plus réputées au monde.

Ces recherches ne viennent pas remettre en cause les risques liées à l’obésité, mais supposent qu’un tour de taille trop important est davantage problématique qu’un excès de poids. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié les cas de plus de 1.500 Américains et Européens âgés de 45 ans et plus entre la fin des années 1990 et 2016. 

Ils en ont conclu qu'une personne avec un gros ventre, même avec un poids normal, présente des risques en termes de pathologies cardiaques deux fois plus élevés que les autres, y compris les personnes souffrant d'obésité.

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Pour ces chercheurs, ce "gros ventre" se définit par comparaison entre le tour de taille et le tour de hanche. Le premier se mesure à l'endroit le plus creux de l'abdomen, généralement juste au-dessus du nombril. Le second à l'inverse, se mesure au niveau de la partie la plus large en dessous de la taille, le plus souvent donc en haut de la fesse, un peu au-dessus du pubis. 

Pas la peine donc de vous inquiéter si votre bedaine dépasse un peu, d'autant plus que le creux lombaire réduit dans les faits l'idée que l'on peut se faire de son tour de taille à la simple vue de ses éventuels bourrelets. 

Pour les auteurs de l'étude, la situation devient inquiétante lorsque le tour de taille atteint ou dépasse 90% du tour de hanches chez les hommes, et 85% chez les femmes. Ils parlent d'obésité abdominale.

Il serait donc selon eux nécessaire de tenir compte de ce fait dans les recommandations sanitaires, les personnes présentant un indice de masse corporelle "normal" n'étant pas alertées des risques alors qu'elles présentent une obésité abdominale.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, en 2016, plus de 1,9 milliard des plus de 18 ans étaient en surpoids dans le monde. Sur ce total, plus de 650 millions étaient obèses (source OMS). Outre des problèmes cardiovasculaires, le surpoids peut provoquer du diabète, des troubles squelettiques tels l'arthrose, et favoriser certains cancers.


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