Devenir mère

Grossesse: êtes-vous prête à sauter le pas?

Il est important de savoir s’il s’agit d’une envie ou si vous vous imaginez dans moins d’un an accompagnée d’un nourrisson. - © LOIC VENANCE / AFP/Archives

Donner la vie est l'une des plus belles choses qui soit mais certaines femmes, emplies de doutes et de craintes, ne sont pas forcément prêtes à vivre cette expérience dans l'immédiat. Pour "FranceSoir", le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer vous aide à savoir, à travers ses conseils et sa réflexion, si vous êtes prête à devenir mère.

Il y a une multitude de questions à se poser pour savoir si vous êtes prête à avoir un enfant. Dans le même temps, la thèse inverse est exacte aussi, il n’y a aucune question à se poser si vous y pensez: quelle mère serez-vous pour votre enfant? Cette question est souvent le fruit de beaucoup d’inquiétudes. Naturellement, vous allez repenser à votre propre enfance: comment s’est-elle déroulée et comment la percevez-vous aujourd’hui adulte ou jeune adulte?

Le sourire de votre mère vient à votre esprit si votre enfance a été heureuse et inversement, les souvenirs se brouillent si votre enfance a été douloureuse et des bribes de souvenirs rejaillissent comme des éclats de verre. Vous vous posez naturellement la question de savoir si vous pouvez offrir à votre enfant ce dont il a besoin.

Avez-vous une situation assez stable?

Un partenaire qui a la même envie que vous et qui trouvera sa place dans cette nouvelle configuration familiale est nécessaire pour l’équilibre de cette famille que vous voulez construire. J’ai souvent l’habitude de dire à mes patient-e-s que lors de la naissance d’un enfant, une partie de soi meurt. Elle disparaît très concrètement tant pour l’homme que pour la femme. Cette partie perdue vous est restituée ensuite par l’enfant lui-même et par son amour inconditionnel.

La vie à deux ou trois est totalement différente tant dans son rythme que dans sa propre image. Votre corps va épouser les formes que la grossesse impose. La société a beaucoup évolué sur le droit au corps et à ce qu’elle montrait jadis comme des imperfections. A présent, ces changements sont vus au contraire comme la magie de l’existence. Depuis quelques décennies, les stars, qu’elles soient chanteuses, comédiennes ou ministres, redorent leur blason en se faisant prendre en photo enceintes puis avec un nourrisson.

Envie ou projet

Posez-vous la question de savoir s’il s’agit d’une envie ou si vous vous imaginez dans moins d’un an accompagnée d’un nourrisson. Une envie est un moment ponctuel, une envie peut être un caprice à un instant T. Elle ne s’inscrit dans aucune réalité et ne se confronte à aucune certitude. Une envie, c’est une glace à deux heures du matin ou un voyage dans les caraïbes. Un projet, lui, repose sur des piliers nécessaires à accueillir un enfant et les nombreuses contraintes qui accompagneront ces moments de joie. Pensez à l’adage "petit enfants petits problèmes, grands enfants grands problèmes": il ne remet en rien en question la magie d’être mère, mais il rappelle les responsabilités qui lui incombent.

Le désir d’avoir un enfant est souvent le fruit d’un amour, c’est l’alchimie du couple en une reproduction symbolisant cet amour partagé. Il est donc important de prendre le temps de tout éteindre et de se demander si c’est bien lui. Il ne doit pas être le prétexte à se sentir moins seule, à y trouver une raison de vivre ou de trouver à la vie elle-même un sens.

Avoir un enfant fait peur: il est donc naturel pour toute personne de bons sens de penser aux contraintes de la grossesse, la peur de l’accouchement, la peur de ne plus dormir la nuit, de l’éducation de son enfant, de son évolution dans les turpitudes que ce monde peut apporter de par sa difficulté, sa violence et son évolution incertaine par définition.

Pour les personnes croyantes, l’envie d’avoir un enfant et la confiance en la vie peuvent rassurer sur l’avenir de l’espèce et la résolution des problèmes que certains peuvent y voir. Beaucoup de religions invitent à ne pas regarder sa situation sociale, matérielle partant du principe que l’enfant apportera dans la vie de ses parents, succès, chance et réussite. L’enfant sera le vecteur de ce qu’il semblait manquer présentement. Un père et une mère aimants sont déjà un très bon départ dans la vie, l’enfant est le fruit d’un projet commun.

Un grand nombre de structures sont de nature à donner d’excellents conseils aux jeunes parents. La nature est très bien faite, elle donne à elle seule les clés de ce que les parents redoutaient de ne pas savoir faire.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.


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