Selfie, ça suffit

Les perches à selfie dans la ligne de mire des musées (DIAPORAMA)

Les ventes de perches à selfie ont explosé ces derniers mois. - ©John Stillwell/Sipa

Les perches à selfie ne sont plus les bienvenues dans les musées. La National Gallery de Londres a indiqué, mercredi 11, avoir interdit à son tour cet accessoire. Très en vogue, il constitue, selon les responsables, un danger pour l'intégrité des œuvres exposées.

Les perches à selfie sont dans le viseur des musées. Après New York, Washington, Canberra et Versailles, la National Gallery de Londres a décidé de rejoindre le mouvement. Le musée britannique a indiqué, mercredi 11, avoir interdit à son tour la perche à selfie, l'accessoire qui permet de se photographier avec son smartphone en prenant du recul. Dans le règlement de la National Gallery, prendre des photos à des fins personnelles et non professionnelles est autorisé. Toutefois, l'utilisation de flashs et de trépieds n'est quant à elle pas permise. Pouvant atteindre 1,50 mètre de long, la perche à selfie entre désormais dans la catégorie des trépieds.

Très en vogue, cet accessoire pourrait au fur et à mesure du temps se retrouver dans les placards, la National Gallery de Londres n'étant pas le seul musée à avoir pris cette sanction. Plusieurs musées américains ont également décidé d'interdire ce bras télescopique comme le MOMA à New-York et le Smithsonian à Washington. Même mesure pour la National Gallery de Canberra en Australie. De son côté, la France n'est pas épargnée. Le Château de Versailles vient lui aussi d'interdire les perches à selfie dans les pièces du château. Bien qu'aucune interdiction formelle n'ait encore été prononcée, des musées comme le Louvre ou le Centre Pompidou étudient de près la question.

Mais pour l'heure, les bras télescopiques "ne sont pas interdits, à condition que leur usage respecte le règlement de visite", a indiqué la direction du Louvre, le musée français le plus visité avec 70% de touristes étrangers. Du côté du Centre Pompidou, on "s'achemine vers une interdiction mais la décision n'est pas encore arrêtée", ont expliqué les responsables qui redoutent "aussi les sacs à dos et les poussettes".

Si cet accessoire bénéficie de plusieurs avantages pour son utilisateur, il reste considéré comme désagréable et dangereux. D'après plusieurs responsables de musées, faire pivoter des centaines de perches simultanément peut ainsi involontairement devenir risqué et constituer un danger pour l'intégrité des œuvres exposées. "Certaines de nos salles sont étroites et les perches risquent d’abîmer par mégarde des œuvres ou de blesser d’autres touristes", a déclaré la direction du site touristique du château de Versailles pour justifier sa décision.

Contre toute attente, cette interdiction va au-delà des sites culturels, s'étendant même aux stades de football. Ainsi la perche à selfie a été interdite à White Hart Lane, le stade de football du club londonien de Tottenham, après la plainte d'un spectateur. L'utilisation en plein match de ce type d'accessoire empêchait ainsi certains spectateurs d'apprécier pleinement les rencontres.

 

 


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