Examens

Parents: comment aider votre enfant pour les révisions du Bac?

Les élèves se pencheront le 15 juin prochain sur les épreuves du baccalauréat. - ©Sipa

Les épreuves écrites du baccalauréat commenceront le 15 juin prochain pour s'achever une semaine plus tard. Mais à l'approche de cet examen, nombreux sont les parents qui ne savent pas comment s'y prendre pour aider leur(s) enfant(s) à traverser au mieux cette période. Pour "FranceSoir", le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer livre ses conseils.

Votre quotidien sait vous rappeler le rôle très important que vous avez en tant que parents lors des révisons du baccalauréat de vos enfants. La proximité tant physique qu’intellectuelle doit permettre une préparation optimale et sans heurts. Le parent est le référent dès le premier jour de la vie de l’enfant. A ce titre il a une action immense dans l’aide qu’il peut et doit apporter à ce moment si particulier pour l’adolescent. Vous craignez que votre enfant ne soit pas bachelier? Avez-vous des inquiétudes à ce sujet et pourquoi? Peu importe car cette angoisse est la vôtre, vous en êtes propriétaire, vous ne devez pas la "transmettre" à votre enfant.

Il est important de verbaliser, de communiquer avec lui, de lui expliquer que vous comprenez que cette période n’est pas simple, qu’elle peut être vectrice de stress, de questions ou d’inquiétude. Néanmoins, il faut dire à votre enfant: "ce n'est pas parce que nous comprenons ce que tu traverses, que tu peux rejeter toute la violence de l’angoisse sur nous". Les tensions liées à l’examen n’empêchent pas le respect.

Petits conseils pratiques

Ne laissez pas le futur bachelier prendre trop de café, de soda ou de guronsan. Il ne faut pas rajouter du stress au stress; il faut avoir des règles hygiéno-diététiques. Les parents se doivent de ne pas montrer leurs angoisses même s’il n’est pas aisé de cacher son stress. Pour se faire, ralentissez votre diction, forcez un rien sur l’articulation pour rappeler combien vous êtes un pilier solide sur lequel il peut compter. Même si depuis quelques années ou décennies, le baccalauréat est désigné comme un examen facile pour lequel le pourcentage de réussite augmente chaque année. Ne le répétez pas à votre enfant, cela amplifierait encore son inquiétude à ne pas réussir. Aidez-le à planifier son temps de travail avec des horaires, des tableaux, des fiches, une réelle organisation sans oublier qu’ils ont déjà travaillé toute l’année. Il ne s’agit pas de refaire une année en trois semaines, à chaque jour suffit sa peine, faites-le au jour le jour.

Anticiper un examen n’apporte rien en soit, cela crée des inquiétudes inutiles. Si ces dernières sont trop envahissantes, faites-le accompagner par un professionnel qui peut utiliser des méthodes liées aux Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) et/ou un Training autogène de Schulz. Il s’agit d’exercices consistant à se dire des phrases positives, des suggestions: "je suis en pleine forme, mon rythme cardiaque est tout à fait régulier etc.".

Tout un chacun est unique, ainsi n’essayez pas de lui "revendre" ce qui a fonctionné pour vous. Les temps ont changé, vos enfants sont différents et ils ont certainement choisis une méthode. Quelle qu’ait été votre réussite, laissez-lui la gloire d’obtenir la sienne. Vous proposez, il dispose; ne le forcez pas à travailler avec vous, suggérez le lui, il se sentira plus à l’aise avec cette méthode. N’oubliez pas que vous n’êtes pas son professeur et qu’il n’est pas votre élève.

Vous êtes dans une relation affective parents-enfants et cela doit rester ainsi, soyez en mesure de lui demander, à contrario, qu’il vous explique ce sur quoi il travaille, devenez ainsi l’élève et lui le professeur. Par ce petit "jeu de rôles", chacun se rendra compte de son niveau de maîtrise du sujet et si vous le comprenez bien dans sa réflexion et sa pédagogie, il s’appropriera les notions dans son langage à lui et boostera considérablement sa mémoire.

Soyez positifs même si le contexte semble difficile

Encouragez toujours et sans cesse, tout ce qu’il fera sera un acquis. Il peut faire la moue, ne la faites pas à votre tour et comprenez son inquiétude, soyez un miroir rassurant de ses craintes légitimes.

Pendant les révisons, il y a des temps de fatigue tout comme dans le sport ou la vie. Vous entendrez certainement des: "je n’y arriverai pas, je vais être recalé"; comprenez que la fatigue et le stress sont alors en forte hausse, n’hésitez pas à faire des pauses avant de reprendre. S’il venait à exprimer que l’entente pour travailler avec un parent n’est pas simple, proposez lui de retrouver un camarade de classe afin qu’il se sente moins seul dans ses révisions, ne prenez pas cela pour un échec. Ces petits gestes et attentions lui permettront d’aller dans le sens de la réussite et de la confiance en soi.

Enfin, les parents imposent des limites, vous pouvez lui suggérer de choisir de concert des horaires à ne pas dépasser et des temps de travail à aménager ensemble. Le but n’est pas qu’il s’endorme pendant l’examen ou qu’il fasse en anglais l’examen d’histoire. Le discernement est la clef de la réussite et l’absence de repos ou de sommeil crée un disfonctionnement du discernement. Le rôle de parent est celui d’accompagner l’enfant.

Cette période qu’est le baccalauréat est un cap difficile pour l’adolescent, c’est la période où il faut l’aider sans une contrainte excessive et disproportionnée qui sera contreproductive pour lui. La bienveillance est la clef de la réussite de l’accompagnement positif.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.


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