Horloges

Pourquoi change-t-on d'heure?

Au total, 70 pays pratiquent le changement d'heure dans le monde. - ©Jason Alden/Sipa

Dans la nuit de samedi à dimanche, nous allons perdre une heure de sommeil. Si le passage à l'heure d'été est devenu un rituel, le pourquoi du comment de ce changement n'est pas encore très clair. Explications.


Comme chaque année à la même date, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mars 2019 (le dernier week-end de mars), il faudra avancer les aiguilles d'une heure sur les montres et pendules. S'il est souvent source de désaccord, le changement d'heure n'a pas été instauré sans raison. Mise en place en 1975 pour la première fois en France par le gouvernement de Jacques Chirac, cette mesure avait pour but de réaliser des économies d'énergie suite au choc pétrolier de 1973/74. Les heures d'activité correspondaient alors avec l'ensoleillement naturel, ce qui limitait l'utilisation de l'éclairage artificiel.

Mais pour que ce principe soit pertinent, il faut que les régions concernées aient des écarts conséquents de luminosité selon les saisons. Si ce n'est pas le cas, le changement d'heure s’avérera alors inefficace voire nul. Dans les pays proches de l'équateur par exemple, la durée du jour n'évolue que très peu, si ce n'est pas du tout. Il n'y a alors aucun intérêt à décaler la pendule.

Désormais, seuls une soixantaine de pays pratiquent ce changement dans le monde. Si à l'époque, les dates de changement d'heure différenciaient selon les pays, elles "ont été harmonisées au sein de l'Union européenne", a rappelé le site officiel de l'administration française, dans le but de faciliter l'utilisation des transports internationaux et simplifier les communications.

Pour autant, nous ne sommes pas tous sur le même fuseau horaire en Europe. Alors qu'au Portugal, en Grande-Bretagne, en Irlande et aux îles Canaries, il sera 11h ce jour-là, notre montre affichera midi au même moment, alors qu'il sera 13h en Grèce, en Finlande et dans les pays baltes.

Bien que le changement d'heure présente certains avantages, comme l'économie d'énergie, certains pays qui l'avaient appliqué ont abandonné cette pratique. La Russie, qui a sur son territoire neuf fuseaux horaires différents, l'Egypte ou l'Ukraine ont ainsi décrété en 2011 l'abolition du changement d'heure. La Tunisie y a renoncé en 2009 et l'Arménie aussi en 2012.

Et au sein même de l'Union européenne, il est aussi question d'abandonner ce changement d'heure semestriel, devenu impopulaire: en septembre 2018, la Commission européenne s'est prononcée pour cet abandon. La proposition doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement pour être effective et, ensuite, ce sera "aux Etats membres de déterminer l'heure qu'ils souhaitent garder: heure d'été ou heure d'hiver". Les ministres des transports européens, réunis en décembre 2018, ont envisagé la date de 2021 pour abandonner ce système.

La Commission a donné jusqu'à fin avril 2019 aux 28 États membres pour donner leur avis. En France, une consultation en ligne organisée du 4 février au 3 mars 2019 sur le site de l'Assemblée nationale (non contraignante, mais signalée à la Commission) a recueilli plus de 2 millions de réponses, avec 83,71% des participants favorables à cet abandon du changement d'heure. Et si l'on ne gardait qu'une heure, ce serait l'heure d'été (59,17% des répondants) plutôt que l'heure d'hiver (36,97%).

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