Bâille, bâille

Pourquoi le bâillement est-il communicatif?

C'est un phénomène bien souvent irrésistible: nous voyons quelqu'un bâiller, et nous bâillons également. - ©Flickr creative commons

C'est un phénomène bien souvent irrésistible: nous voyons quelqu'un bâiller, et nous bâillons également. Ce caractère communicatif est en fait un phénomène d'empathie.

Le bâillement est un phénomène assez mystérieux. A l'heure actuelle, on ignore encore sa fonction exacte, mais aussi pourquoi il semble aussi communicatif. En effet, c'est bien connu, lorsqu'une personne bâille, son entourage se met alors souvent à bâiller également.

Un phénomène qui peut se produire même à des heures et dans des conditions où l'on n'a absolument pas sommeil. On l'associe également à l'angoisse, à la faim, à la sexualité ou à l'ennui.

La bâillement, qui se caractérise par une contraction et un étirement généralisés des muscles respiratoires (diaphragme, intercostaux) de la face et du cou, suit un cycle respiratoire qui se décline en trois phases distinctes: une inhalation longue et très profonde; un pic durant lequel la respiration se bloque brièvement et l'étirement des muscles concernés est maximal; et enfin une expiration conjuguée à un relâchement et une détente des muscles.

Selon le docteur Olivier Walusinksi, spécialiste français du bâillement, la communication du bâillement "n'est pas une action réflexe, mais une forme de communion empathique". Cette "contagion" est probablement due à un groupe de neurones spécialisés appelés neurones miroirs qui "permettent de décoder l’intention de l’autre. Ils sont présents dans la zone +émotion+ du cerveau. C’est la base de l’empathie, l’aptitude à ressentir les émotions de quelqu’un d’autre". Ainsi, la communication du bâillement est plus élevée en réponse à des parents, puis amis, puis des connaissances, et enfin des étrangers.

La réplication du bâillement s'apparente au décryptage d'une émotion, d'un état de vigilance d'autrui à un niveau automatique non conscient permettant une synchronisation d'état de vigilance entre individus, qu'on pourrait qualifier d'empathie instinctive involontaire. Rien à voir donc avec le bâillement d'ennui, qui valut ce jeu de mots à Sacha Guitry: "Elle bâillait devant moi. Je lui ai dit: bye, bye"...

 


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