Efficacité inégale

Qualité de l'air: les masques antipollution sont-ils inutiles?

L'Anses juge que les données sont insuffisantes pour recommander le port du masque antipollution. - © JACQUES DEMARTHON / AFP

Les ministères de la Santé et du Travail ont demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire un avis sur les masques antipollution pour faire face au problème de la pollution de l'air. L'organisme ne les recommande pas, notamment en raison des incertitudes quant à leur efficacité sur le terrain.

Les masques antipollution n'ont pas fait leurs preuves, il n'est donc pas opportun d'en recommander le port à la population. Telle est la réponse de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) aux ministères de la Santé et du Travail.

Face à une pollution de l'air qui représente désormais un véritable enjeu de santé publique, les autorités envisageaient de recommander le port de ces masques que certains ont déjà adoptés. Mais selon l'Anses, les données sont insuffisantes pour trancher sur l'efficacité de ces outils. Cela notamment en raison de la multiplicité des produits et du décalage qui existe de facto entre des tests en laboratoire et la réalité des pratiques.

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"L’efficacité d’un masque dépend de sa conception, des performances du filtre dont il est équipé, et d’autres paramètres tels que son adaptation à la morphologie de l’utilisateur. Ainsi, si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation par la population en général", explique-t-elle. Ainsi, un masque de qualité, bien choisi et bien mis, n'aura pas du tout le même effet qu'un masque de moins bonne facture enfilé rapidement. L'effort physique produit par le porteur peut également jouer.

L'agence note également que la plupart des masques vendus en France protègent contre les particules en suspension dans l'air mais pas contre les gaz. Et si l'on pourrait juger que cela est "mieux que rien", l'Anses met également en garde contre le "fausse impression de protection" qu'une mesure incomplète peut procurer, et qui incite ainsi à "des comportements conduisant éventuellement à une surexposition aux polluants dans l’air".

Les masques antipollution apparaissent donc davantage comme des pansements sur la jambe de bois de la qualité de l'air. L'Anses appelle donc à agir à la source en luttant contre la pollution et en informant mieux la population sur les risques ainsi que sur les bons comportement pour limiter l'exposition aux polluants.

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