Témoignage : les Envahisseurs par une Blouse Blanche

Blouse Blanche - FranceSoir - Gordon Johnson de Pixabay


Comme dans la série préférée de ma jeunesse , tout a commencé par un matin où fébrile et frissonnante, à J2 de l’annonce de ma positivité à SARS Cov2 j’écoutais une consœur annoncer dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin que l’utilisation de l’hydroxychloroquine était un scandale car toxique voire mortelle.

Ma première réaction était de me dire « mais elle est folle ou quoi ? Elle parle de l'hydroxychloroquine ?

Cette descente en flammes de cette molécule connue et prescrite depuis des décennies en médecine m'éberluait ! L’insistance de ma consœur sur L’INCONSCIENCE de Raoult m’a incitée à tweeter pour la 1ère fois pour dire que ma consœur débloquait ! Devais-je mettre ces propos sur le compte de ma fièvre ou parlait-elle en ces termes d’une molécule prescrite à des milliers de patients par des collègues rhumatos pour des rhumatismes inflammatoires depuis des décennies sans suivi cardiaque mais plutôt ophtalmologique ?

Durant les jours qui ont suivis, j'ai assisté du fond de mon lit, perplexe,

à une campagne de dénigrement rageuse d'une violence rare organisée par certains confrères, envers un scientifique reconnu et estimé par ses pairs !!!

J’étais révoltée par leurs dérapages dépourvus totalement d’éthique confraternelle, manquant au code de déontologie qui est le nôtre ! Le silence des prescripteurs réguliers de l’hydroxychloroquine me laisse abasourdie à ce jour.

J’ai interpellé sur les réseaux sociaux les confrères pour qu’ils s’expliquent sur cette molécule qu’ils utilisaient encore à ce jour. SILENCE RADIO !!!

J’ai vu défiler sur les plateaux télévisions des confrères qui pour certains malgré leurs brillants titres universitaires n’avaient plus rien avoir avec le terrain,s’exprimer de façon indécente sur la prise en charge de malades covid dont ils ne s’occupaient pas.

 

Pour moi, la seconde vague a été l’effondrement de notre bible, le Lancet ! On rêvait tous de voir nos noms apparaître sur cette prestigieuse revue scientifique.

 

Qu’en reste t-il aujourd'hui ?

Une maison d’édition fantôme et des figurants dignes de Play-boy, et je passe sur le contenu biaisé des études démantelées par des petits génies du net! (ndlr : le collectif citoyen).

L’organisation exceptionnelle des soignants a sauvé des vies, malgré les protocoles controversés, nous demandant de nous préparer en bons petits soldats face à un adversaire qu’on ne connaissait pas, pour mener une guerre pour laquelle nous n’avions pas été formés.

Une partie de moi en tant que médecin est morte le jour où j'ai eu peur de devoir choisir…qui suis- je pour avoir ce pouvoir malsain qu’on m’octroyait provisoirement ?

Cependant et malgré les polémiques je n'ai jamais été aussi fière de faire partie de ce corps qui a permis de sauver des vies malgré l’absence de moyens !

Mais, cette crise aura permis de mettre à nu, au-delà des défaillances d’un système de santé, le règne de l’opportunisme et de l’allégeance de certains professionnels à des cercles de décisions, qu’il devient urgent d’assainir.

 

D'un médecin hospitalier en Ile de France qui a demandé à garder l'anonymat.

 


PARTAGER :


Voir la version optimisée mobile de cet article >>

EN DIRECT - Les derniers articles en temps réel >>