Nouvelle stratégie

"Manque d'humilité", "tentation d'hégémonie": le mea culpa du camp Macron

"Les uns et les autres avons manqué d'humilité", a reconnu Gérard Collomb. - © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP/Archives

Alors que l'été et la rentrée ont vu les coups durs s'accumuler pour l'exécutif et la majorité, certains de ses membres appellent à l'autocritique. Face aux sondages désastreux, il serait temps de changer la forme, mais pas nécessairement le fond.

Tenir le cap mais aussi tenir compte des critiques. Alors que l'exécutif cherche à se relancer après un été difficile et une rentrée marqué par des démissions retentissantes et les pires sondages depuis son élection pour Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a reconnu que le gouvernement devrait peut-être accepter de faire quelques changements, au moins dans la forme.

L'ancien maire de Lyon et macroniste de la première heure a reconnu que le gouvernement ne pouvait pas faire la sourde oreille à toutes les critiques, et que même si "les réformes sont au départ toujours un peu impopulaires", la grogne qui se manifeste "demande interrogation de notre part".

"Les uns et les autres avons manqué d'humilité. (...) Il faut toujours regarder ce que pense la base. Il faut que tous les ministres gardent leurs racines, de manière à pouvoir entendre ce que disent les gens, parce que vite, dans les palais de la République, on perd la capacité de lien et d'écoute avec la population", a-t-il déclaré ce jeudi 6 sur BFMTV.

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Des déclarations qui sonnent comme la reconnaissances de la fin de "l'état de grâce" et des avantages qu'il confère à une majorité. Il ne serait donc plus question de président "jupitérien"; dont l'aptitude à mener les réformes tambour battant en faisant fi des oppositions, a pu être vu comme une qualité.

"Nous avons été élus dans des circonstances particulières, et il faut l'avoir en tête", a de son côté concédé Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, reconnaissant que les législatives gagnées face à un PS en déliquescence et des Républicains dans les cordes avaient pu aboutir à une "tentation d'hégémonie".

La douche froide des sondages semble donc avoir alerté l'exécutif sur une nécessité de changer la forme. Mais sur le fond, l'idée de garder le cap lancée par Emmanuel Macron est bien là.

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