Fonds perdus

Prélèvement à la source: la facture vertigineuse de son abandon

L'abandon du prélèvement à la source représenterait un gâchis conséquent d'argent public. - © Philippe HUGUEN / AFP/Archives

Le prélèvement à la source semble bel et bien en sursis. Alors que le maintien ou non de la mesure pourrait être annoncé dès mardi, les estimations du coût d'un renoncement quatre mois avant l'échéance, alors que des frais conséquents ont été engagés pour préparer la transition, font frémir.

Le maintien du prélèvement à la source à partir du 1er janvier 2019 ne tient plus qu'à un fil après les annonces de l'exécutif laissant entendre que la mesure pourrait être abandonnée quatre mois avant son lancement. Et ce ne sont pas les multiples erreurs relevées par une note de la Direction générale des finances publiques qui rassure sur la perspective de voir se concrétiser cette réforme majeure, mais décriée.

Si les détracteurs de la réforme seraient soulagés de voir le gouvernement annoncer son abandon (ou au minimum son report), le contribuable aura malgré tout été de sa poche de cet imbroglio fiscal. Combien? Les estimations divergent. Selon LCI, l'Etat a déjà déboursé entre 140 et 150 millions d'euros pour se préparer au grand saut, qui nécessite de coûteuses adaptations informatiques. Europe 1 estime de son côté que le chiffre s'élève à 195 millions d'euros. Le tout payé donc par les contribuables qui ne verront jamais la couleur de ce qui est censé être une simplification si l'on en croit les spots diffusés à la télévision (et qui auront donc été tournés et diffusés pour rien en cas de renoncement).

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Mais le gros de la facture sera porté par les entreprises qui se sont préparées à ce passage, étant chargées de devenir les organismes collecteurs (de même que les caisses de retraite pour les retraités). Toujours selon LCI, les sommes déboursées pour la mise à jour des systèmes informatiques et la formation du personnel représenteraient entre 320 millions et 1,2 milliard d'euros. Une fourchette d'un à trois montrant surtout que le chiffre est en réalité très dur à estimer, mais reste conséquent. Les entreprises devront donc soit supporter le maintien d'une réforme à laquelle elles n'étaient dans leur ensemble pas favorables, soit encaisser les pertes des dépenses à fonds perdus en cas de renoncement juste avant l'échéance.

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