Les faits sont têtus

"Taisez-vous!": Mélenchon perd ses nerfs et dérape sur les tensions à Nantes (vidéo)

"Taisez-vous!", hurle Jean-Luc Mélenchon au journaliste David Doukhan. - ©Capture d'écran YouTube

Invité à réagir à propos des tensions à Nantes suite à la mort du jeune Aboubakar F, abattu par un policier, début juillet, Jean-Luc Mélenchon a dérapé contre un journaliste.

Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois fait l'exemple de sa haine "juste et saine" des médias. Invité lundi 9 de l'émission Le Grand rendez-vous diffusée sur Europe 1 et CNews, le chef de file de la France insoumise s'est emporté contre un journaliste qui l'interrogeait sur les tensions à Nantes après la mort d'un jeune homme, Aboubakar F., abattu par un policier le 3 juillet lors d'un contrôle. Jean-Luc Mélenchon a également fait preuve d'une certaine méconnaissance -à tout le moins- de l'affaire en tentant de contredire le journaliste qui l'interrogeait.

"C’est d’une exceptionnelle gravité ce qui s’est passé. Non seulement le fait lui-même, cet homme jeune" tué par une balle de la police dans des circonstances pour le moins troubles, a ainsi dénoncé Jean-Luc Mélenchon. Le leader de FI a également dépeint un jeune "d’après les témoignages, tranquille, gentil, aimable avec son environnement".

A ce stade il convient de rappeler que le CRS auteur du tir mortel, après avoir invoqué un refus d'obtempéré et une mise en danger de lui et ses collègues par le jeune homme contrôlé est finalement revenu sur ses déclarations. Placé en garde à vue, il a avoué avoir menti et parle désormais d'un "tir accidentel" contre la victime dans la mêlée d'une arrestation mouvementée. De leur côté, les avocats de la famille d'Aboubakar F. pointent toujours des "incohérences majeures" sur le déroulé des faits présenté à ce stade par le procureur de la République de Nantes.

Lire- Jeune tué à Nantes: le policier mis en examen

Il n'en reste pas moins qu'Aboubakar F. faisait l'objet depuis un an d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel, et association de malfaiteurs". Ce qu'a précisé le journaliste à Jean-Luc Mélenchon, sans pour autant porter de jugement, le faisant immédiatement sortir de ses gonds.

"Ca justifie sa mort? Alors, taisez-vous! Taisez-vous! Taisez-vous! Taisez-vous!", s'est alors emporté Jean-Luc Mélenchon, puis de rétorquer au journaliste: "vous vous êtes vivant et vous êtes là, vous faites des commentaires".

"Vous ne me dites pas de me taire", a répondu David Doukhan, l'intervieweur. "J'apporte une précision, je ne fais pas un commentaire".

Jean-Luc Mélenchon fait alors mine de faire machine arrière, mais pour mieux poursuivre son attaque. "D'accord, je ne vous dis pas de vous taire. Je le retire. Vous avez d'autres choses à dire contre cet homme maintenant qu'il est mort?", avant de lancer: "Non, mais allez-y! Il est normal que les dominants méprisent les morts".

"Non, je ne méprise pas cet homme, il n'y a aucun mépris c'est de la précision factuelle", répond David Doukhan. Ce qui lui vaut une ultime bravade du leader de la France insoumise qui avance que "ce n'est pas de la précision factuelle. Vous racontez le dernier ragot que vous avez vu sur le sujet".

Les faits sont pourtant ce qu'ils sont: le jeune homme mort d'un tir de la police début juillet à Nantes était bien sous le coup d'un mandat d'arrêt. Et, comme il l'a répété tout au long de cet échange, David Doukhan n'a a aucun moment dit ni sous-entendu qu'Aboubakar F. aurait mérité ce qui lui est arrivé.

La vidéo de l'échange entre Jean-Luc Mélenchon et David Doukhan:


Voir la version optimisée mobile de cet article