Détresse

Un pizzaïolo SDF interpelle Macron: "Tous les soirs j'appelle le 115"

Le sans-abri fustige l'idée que dormir dans la rue soit un vrai choix. - ©Kenzo Tribouillard/AFP

Le journal "Libération" a publié mercredi le cri d'alarme d'un Tunisien exerçant la profession de pizzaïolo et étant sans-abri. Il dénonce les conditions d'hygiène dans les centres d'accueil et sa situation de travailleur sans-abri.

C'est un témoignage de détresse que publie le journal Libération mercredi 14. Moncef, un Tunisien arrivé en France depuis l'été 2017, interpelle Emmanuel Macron sur sa condition de sans-abri, passant ses nuits dans froid et la rue, alors qu'il travaille.

L'homme exerce en effet la profession de pizzaïolo, et malgré une apparence de normalité, son quotidien, c'est la rue et ses galères. "Regardez, là, mon portefeuille: j’ai une carte bleue, un permis de conduire, tous les papiers qu’on puisse imaginer. Pourtant, tous les soirs, j’appelle le 115. Tenez, monsieur Macron, essayez une fois. Composez le 115. Vous allez patienter deux, trois heures, avant de décliner votre vie de A à Z. Chaque jour, c’est le même cirque. Avec un peu de chance, ils vous trouveront une place dans un centre d’accueil", explique-t-il.

Moncef tacle ensuite les déclarations douteuses de membres de la majorité qui soit estiment que le nombre de sans-abri pour lesquels il n'y a pas de solution tourne autour de 50 (le secrétaire d'Etat Julien Denormandie), soit que dormir dans la rue est un choix (le député Sylvain maillard). Le pizzaïolo explique en effet avoir eu une place dans un centre du 18e arrondissement de Paris en janvier. "J’y suis resté une heure, avant de fuir" annonce-t-il, détaillant la réalité de certaines "places" proposées par les autorités: "Là-bas, c’est sale, dégoûtant. C’est la Libye. C’est la honte de la France. Pouvez-vous passer une nuit entouré d’ivrognes, de drogués, de malades? Dans les locaux, il y a des souris, de la pisse et de la merde".

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Il confirme, sans détour, la vraie réalité du "choix" des sans-abri qu'évoquait le député de Paris: "Si vous deviez choisir, pour passer la nuit, entre la rue et des toilettes sales, où iriez-vous? Dans la rue, bien sûr! Alors sachez que certains centres d’accueil sont pires que des toilettes. C’est pour ça que, quand il neige, certains préfèrent marcher dans la rue ou dormir dans le métro".

Moncef assure cependant n'être "pas en colère" contre Emmanuel Macron. "Mais il faut nous aider" conclut-il.


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