En lieu et place du Royaume-Uni

L’Estonie, État à la pointe du numérique, aux commandes de la présidence du Conseil de l’Union européenne

L’Estonie, pays à la pointe de l’économie numérique, a présenté ses quatre lignes directrices pour les six mois à venir sous le slogan "L’unité à travers l’équilibre". - © GEORGES GOBET / AFP/Archives

Le 1er Juillet, l’Estonie prendra la tête du Conseil de l’Union européenne pendant six mois. Avec elle commence un nouveau trio de présidence où la Bulgarie puis l’Autriche prendront le relais. Les trois pays auront fort à faire avec les négociations du Brexit, la question des migrations en Europe et les réflexions sur l’avenir de la construction européenne.

A partir du 1er juillet 2017, le Royaume-Uni aurait dû prendre la tête de la Présidence du Conseil de l’Union européenne. Mais avec le Brexit et le début des négociations entre l’Union européenne et les Britanniques pour savoir quel nouveau partenariat sera mis en place, il était impossible pour le pays d’assurer cette présidence. C’est pourquoi début juillet, ce sera à l’Estonie de prendre les rênes du Conseil de l’Union européenne pendant six mois. Pour la Commission européenne, cette nouvelle présidence suscite un vif espoir car comme le souligne Jean-Claude Juncker: "En dépit de sa récente adhésion en 2004, l’Estonie se comporte comme un membre fondateur" étant notamment "tournée vers le numérique et là-dessus, l’Europe est dans des mains expertes". Un joli compliment pour cet État-membre qui a adopté la monnaie unique en 2011, en pleine crise de la zone euro.

Institution clef dans la mise en place des politiques de l’UE, le Conseil de l’Union européenne (aussi appelé Conseil) discute et adopte avec le Parlement européen les textes législatifs européens. Pour cela, les ministres se réunissent sous dix formations différentes en fonction des thèmes abordés (agriculture, défense, culture, numérique…). Cependant, comme la durée d’une présidence n’est que de six mois, le Conseil s’appuie sur une feuille de route de dix-huit mois élaborée par les trois pays qui prendront successivement la tête de l’institution. C’est actuellement un nouveau trio de présidences (Estonie, Bulgarie, Autriche) qui a défini début mai les nouveaux objectifs du Conseil. Ceux-ci font écho aux priorités de la Commission européenne: c’est-à-dire se concentrer sur des thèmes comme l’emploi, l’investissement, la défense européenne mais aussi les transitions écologiques et numériques.

Dans ce cadre, l’Estonie, pays à la pointe de l’économie numérique avec notamment la participation à la création de Skype (logiciel permettant d’envoyer des messages et de passer des appels vidéos en ligne gratuitement), et des questions liées à l’efficacité énergétique, a présenté ses quatre lignes directrices pour les six mois à venir sous le slogan "L’unité à travers l’équilibre". Il s'agit de créer une économie européenne ouverte et innovante, une Europe sûre et sécurisée, une Europe numérique visant à la libre circulation des données ainsi qu’une Europe durable. Vastes, celles-ci visent en particulier à promouvoir la transition numérique sur laquelle l’Estonie fait figure d’élève modèle étant considérée comme la championne de la fourniture en ligne des services publics en Europe avec des citoyens possédant des compétences numériques et des capacités à utiliser internet au-dessus de la moyenne de l’UE. Plusieurs exemples attestent de ce goût pour le digital que ce soit dans l’e-administrations avec l’e-résidence, une identité numérique transnationale disponible partout dans le monde pour tout citoyen souhaitant créer une entreprise en ligne, mais aussi dans la participation citoyenne aux élections nationales avec l’e-voting, un système de vote en ligne.

C’est pourquoi, le pays compte organiser plusieurs réunions sur différents sujets liés au numérique notamment "Make it e-easy" sur l’avenir du travail ou "Manu Future" sur le devenir de la production. Elle compte aussi partager son expérience dans le domaine de la santé en parlant des prescriptions et de la consultation des dossiers médicaux en ligne, même si le sujet pose des questions quant à la protection des données et de la vie privée.

Mais la présidence du Conseil est aussi l’occasion pour l’Estonie de permettre aux différents États-membres de découvrir son patrimoine, sa culture et sa capitale Talinn où de nombreuses réunions auront lieu. Pour cette occasion qui coïncide presque avec les 100 ans de la création du pays en 1918, l’Estonie organise concerts, festivals et découvertes de lieux pittoresques afin de permettre de mieux connaître le pays. Cette mise en lumière de la culture et du dynamisme de l’Estonie devrait permettre à cet État-membre de 1,32 millions de peser davantage sur les politiques européennes, mais aussi sur les négociations du Brexit car comme le souligne le Premier ministre estonien Jüri Ratas, il s’agit de "maintenir l'unité de l'Europe et s'assurer que personne ne se sente rejeté ou laissé pour compte".

Afin de discuter de ces enjeux, la Maison de l’Europe de Paris accueillera le lundi 18 septembre de 18h30 à 20h son Excellence monsieur Alar Streimann, ambassadeur de l'Estonie en France, pour présenter le programme de la présidence estonienne.

(Avec la contribution du Centre d’Information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris):

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