"I have a dream"

Martin Luther King: 50 ans après, un rêve inachevé et encore des mystères (diaporama + vidéo)

Il y a 50 ans disparaissait Martin Luther King, défenseur des droits civiques et de la non-violence. - ©AFP

Ce mercredi 4 avril marque le 50e anniversaire de la mort de Martin Luther King, symbole de la lutte des noirs-américains contre la ségrégation. Il participera à de nombreuses avancées pour l'obtention des droits civiques et, un demi-siècle après une mort encore entourée de mystères, son nom, son aura et son fameux "I have a dream" restent associés à la lutte non-violente contre le racisme et les discriminations qui persistent.

Le 4 avril 1968, un coup de feu retentit aux abords de l’hôtel Lorraine de Memphis, Tennessee. Le pasteur Martin Luther King, 39 ans, symbole de la lutte pour les droits civiques des noirs-américains, est mortellement touché.

La fin tragique, prématurée, et encore mystérieuse aujourd’hui de cet apôtre de la non-violence, le "Gandhi noir", achèvera de forger un mythe qui avait débuté avec le boycott des bus de sa paroisse de Montgomery (Alabama) en 1954.

Une première victoire dans la route vers l’égalité et l’intégration passant par la contestation pacifique et l’alliance avec les blancs libéraux, démarche que refuse alors une autre frange de la communauté afro-américaine, incarnée notamment par Malcolm X, puis par les Black Panthers.

C’est le 28 août 1963 que Martin Luther King entrera définitivement dans la légende. La "Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté" réunit près de 300.000 personnes. Martin Luther King prononce devant cette foule son discours et le fameux "I have a dream".

Moins d’un an plus tard, le président Lyndon Johnson signe le Civil Rights Act qui interdit toute forme de ségrégation dans les lieux publics, l’administration et les emplois. En décembre 1964, Martin Luther King devient prix Nobel de la Paix, mais son combat n’est pas terminé.

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Il faudra une nouvelle loi fédérale -le Voting Rights Act- pour que le droit de vote des noirs commence à lentement devenir une réalité. Par la suite le pasteur s’opposera à la guerre au Vietnam et continuera à lutter pour l’égalité entre les travailleurs.

C’est pour soutenir les éboueurs noirs en grève qu’il se rendra à Memphis, où il sera abattu le 4 avril 1968. Son idée que "la haine ne supprime pas la haine" ne compensera pas le choc de sa mort. Une vague d’émeutes raciales éclateront à travers des dizaines de villes américaines. Lyndon Johnson décrétera le premier deuil national pour un Afro-Américain.

Dans les mois qui suivent, le délinquant et militant ségrégationniste présumé James Earl Ray est interpellé. Il plaide coupable, ce qui lui permet d’éviter la peine de mort mais empêche aussi la diffusion des pièces faute de véritable procès. Dans une Amérique encore marquée par la mort suspecte de John Kennedy, la théorie du complot prendra vite de l’ampleur.

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Condamné à 99 ans de prison, James Earl Ray affirmera par la suite n’avoir été qu’un membre d’une conspiration plus vaste, convainquant même certains héritiers de King. Complot dont un certain Loyd Jowers s’accusera lui-même de faire partie, peu avant sa mort en 2000. Il sera même jugé et condamné à verser 100 dollars à la famille King, mais beaucoup le considèrent comme un mythomane à la recherche d’argent et de célébrité. La théorie officielle demeure celle de la culpabilité de James Earl Ray.

Aujourd’hui encore, "MLK" reste la plus marquante figure de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. Sa mémoire est saluée lors du Martin Luther King Day (autour du 15 janvier), qui voit chaque année des manifestants lutter pour l’égalité et contre les discriminations qui persistent. En 2017, la journée avait été marquée par le mouvement "Blacks Lives Matter" (les vies des noirs comptent). Cette année, les activistes dénonçaient notamment la politique migratoire de Donald Trump et ses propos sur les "pays de merde" que sont selon lui Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines.

(Voir ci-dessous un diaporama sur Martin Luther King):


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