Franche-Comtée

Gattaz redoute des commandes "artificielles" et "électoralistes" au site Alstom de Belfort

Le patron du Medef Pierre Gattaz a mis en garde ce mardi 27 le gouvernement contre la tentation de passer des commandes "artificielles" au site Alstom de Belfort. - ©Benoît Tessier

Alors que le projet de fermeture partielle du site Alstom de Belfort est gelé dans l’attente du plan de sauvetage promis par le gouvernement. Le patron du Medef Pierre Gattaz a mis en garde ce mardi le gouvernement contre la tentation de passer des commandes "artificielles" au site.

Le patron du Medef Pierre Gattaz a mis en garde ce mardi 27 le gouvernement contre la tentation de passer des commandes "artificielles" au site Alstom de Belfort, estimant qu'une telle démarche ne permettrait pas de sauver "durablement" l'usine historique du constructeur ferroviaire.

"Si on crée des commandes électoralistes ou artificielles, ça ne marchera pas durablement. On va régler le problème pendant deux ans, et dans deux ans vous aurez le même problème à régler", a déclaré le responsable de la principale organisation patronale sur RTL.

"Les entreprises sont des êtres vivants qui s'adaptent dans un monde en mutation permanente. Donc soit il y a des vraies commandes qui arrivent, et bravo, ce site de Belfort pourra être sauvé, soit il n'y a pas de commande, il n'y a pas de marché, et alors il faut adapter ce site", a poursuivi M. Gattaz, appelant alors à "s'intéresser aux salariés qui devront être accompagnés".

Le constructeur a annoncé le 7 septembre vouloir transférer la production de locomotives de Belfort à Reichshoffen, une commune alsacienne située à 200 kilomètres, pour ne conserver dans l'usine franc-comtoise que de la maintenance.

Mobilisé pour sauver l'usine, le secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue a promis aux syndicats des "réponses" avant "la fin du mois". Mais aucun rendez-vous n'est inscrit, cette semaine, à son agenda. Selon Le Monde, l'exécutif pourrait présenter un plan "global" pour les 12 sites français d'Alstom, sans doute le 3 ou 4 octobre.

A sept mois de l'élection présidentielle, l'avenir du site de Belfort est devenu un enjeu politique, d'autant que l'État possède 20% du capital d'Alstom. François Hollande a fait de son maintien un "objectif", soucieux d'éviter une déflagration similaire à la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, en Lorraine, en début de quinquennat.

 


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