Inégalités

Discrimination à l'embauche: un "panorama inquiétant" selon le Défenseur des droits

Etre perçu comme "arabe" ou "musulman" représenterait un réel handicap. - ©Jaubert/Sipa

Le Défenseur des droits a dressé lundi un portrait "inquiétant" des discriminations à l'embauche. Premiers concernés, les personnes perçues comme étant "arabes" ou "musulmanes".

Le Défenseur des droits a dressé lundi un "panorama particulièrement inquiétant" des discriminations à l'embauche liées à l'origine, en particulier à l'encontre des personnes vues comme arabes et musulmanes.

Quelque 758 personnes ont répondu en ligne à un appel à témoignages lancé au printemps, dont le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a dévoilé les résultats, présentés comme un "panorama particulièrement inquiétant du parcours d'obstacles que constitue le marché du travail pour les personnes d'origine étrangère".

Parmi les témoignages, une demandeuse d'emploi de 25 ans, "première de (sa) classe avec 15 de moyenne", "recommandée" par tous ses anciens tuteurs de stages, indique avoir "à peine décroché deux entretiens en sept mois, en postulant tous les jours et en rappelant les entreprises".

"Il est clair que ni mon nom et prénom, qui sonnent très étrangers, ni ma couleur de peau ne m'aident", conclut-elle.

Selon le Défenseur des droits, "les personnes qui sont vues comme arabes" notamment, "apparaissent sur-stigmatisées du fait de la consonance de leur nom et de leurs supposées convictions religieuses".

"On m'a comparé à un terroriste durant l'entretien d'embauche", rapporte un travailleur de 34 ans, cité dans l'étude. Un chômeur de 41 ans affirme, lui, avoir été licencié "au lendemain des attentats de novembre" parce que son patron "voulait travailler avec des Français". "Pour info, je suis français", ajoute-t-il. Comme 80% des répondants.

Face aux "discriminations à répétition", "les personnes d'origine étrangère tentent de trouver des solutions pour adapter leur projet professionnel", par exemple "en acceptant des emplois moins qualifiés, moins payés, plus précaires", écrit le Défenseur des droits.

Mais selon l'institution, "le départ à l'étranger apparaît souvent comme la seule option pour mettre un terme à la spirale de l'échec".

 


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