Fonction publique, taxis et contrôleurs aériens

Grève du 26 janvier: des dizaines de milliers de manifestants en France

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi à travers la France. - ©Sipa

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi à travers la France à l'occasion de la grève de la fonction publique, des taxis et des contrôleurs aériens.

"Austérité ça suffit! Pour le service public, l'emploi, les salaires": des milliers de fonctionnaires ont manifesté ce mardi 26 janvier pour leur pouvoir d'achat et contre la réforme du collège tandis que les taxis qui protestaient contre la concurrence des VTC, ont obtenu de Matignon l'ouverture d'une concertation.

Les 5,6 millions d'agents de la fonction publique ont perdu entre "8 et 10%" de leur pouvoir d'achat en cinq ans, selon FO et la CGT, à l'origine de l'appel à la mobilisation avec Solidaires. Depuis 2010, le point d'indice qui sert à calculer leurs salaires est gelé. La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a répété mardi que les fonctionnaires ne devaient pas s'attendre à une "grosse augmentation du point d'indice" lors de la négociation salariale prévue en février.

Le ministère de la Fonction publique donnait "3% de grévistes" dans la Territoriale à midi et 10,9% dans la fonction publique d'Etat (enseignants compris).

Côté éducation nationale, 22,3% des professeurs étaient en grève dans les collèges, selon les chiffres du ministère (50% selon le premier syndicat), et 12,24% des enseignants du primaire (33% de source syndicale). "Entre 25 et 30% dans les finances publiques", selon les syndicats. Pôle emploi donnait 3,55% de grévistes.

Dans le cortège parisien, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a parlé d'une "mobilisation sur les salaires au moment où le patronat et le gouvernement essaient de culpabiliser les salariés sur le coût du travail".

A Marseille, entre 3.600 et 10.000 personnes, selon les estimations, ont manifesté dans le centre. Ils étaient plus d'un millier à Nice, parmi lesquels des enseignants venus dire "non à la réforme du collège" et des personnels hospitaliers s'opposant à la "loi santé". Ils étaient plusieurs centaines en Corse, à Ajaccio et Bastia.

Les manifestations ont également mobilisé à Toulouse (2.200 à 6.000) où la banderole de tête de cortège s'élevait "Contre l'austérité, pour l'emploi, les salaires, les services publics de proximité", Tarbes (700 et un millier) et Perpignan (1.000 à 3.000).

Dans le Grand Ouest, les manifestations les plus importantes ont eu lieu à Rouen, Nantes, Brest et Tours.

A Lille, les manifestants ont scandé : "public, privé, même combat, ce n'est pas aux actionnaires de faire la loi, la vraie démocratie, elle est ici", "Il y en a ras-le-bol de ces guignols qui ferment les usines et ferment les écoles". Infirmiers, sages-femmes, retraités, bibliothécaires, cuisiniers, cheminots étaient nombreux à réclamer "des augmentations de salaires".

"Je perds 6 heures l'an prochain. Je suis révoltée qu'on supprime des options qui sont le moyen de diffuser la culture à tous", a estimé Sylvie Fauchart, professeur de lettres et latin. "Cette réforme prétend rendre l'école égalitaire, alors qu'elle ne fait que creuser les inégalités et tirer les élèves vers le bas", s'insurge Maud Charvet, 37 ans, professeur d'Espagnol dans le cortège des manifestants lyonnais (2.150).

"Syndicalistes pas terroristes": à Lille comme à Paris, des manifestants ont apporté leur soutien aux salariés de Goodyear condamnés à des peines de prison ferme. Les transports publics n'étaient pas concernés mais les contrôleurs aériens faisaient grève, avec un vol sur cinq annulés.

Parallèlement, les taxis mobilisés dès l'aube pour protester contre la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC) ont obtenu de Matignon l'ouverture d'une concertation sur "l'équilibre économique du secteur" en vue d'"éventuelles évolutions de la réglementation". "Les chauffeurs ne sont pas satisfaits, ils ne veulent pas bouger", a réagi FO, tandis que l'UNT espérait que la concertation ouverte pendant trois mois permettrait "d'aboutir à un résultat concret".

Le Premier ministre, Manuel Valls, qui a également annoncé un renforcement des contrôles, a cependant condamné les violences "inadmissibles" intervenues en Ile-de-France, où 2.100 chauffeurs, selon la préfecture, ont manifesté. En milieu d'après-midi ils étaient déterminés à poursuivre leurs rassemblements porte Maillot, Bercy et dans les aéroports de Orly et Roissy. Sur tous ces sites, les taxis ont notamment mis en cause le ministre de l'économie, Emmanuel Macron.

Quatorze personnes ont été placées en garde à vue pour des violences et des incendies (feux de pneus). La circulation a été brièvement interrompue sur le périphérique et un chauffeur a été blessé à Orly par un minibus. En région, des mobilisations ont eu lieu à Marseille, Toulouse, Grenoble et Lille, où des chauffeurs de VTC ont été pris à partie par les taxis.


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