Galère dans les trains

Grève: trafic faible à la SNCF, quasiment normal à la RATP

Sylvie, 48 ans, usagère des transports en Ile-de-France dit redouter "le monde et la difficulté à monter dans les trains" a cause de la grève. - ©Flickr Creative Commons

Comme anticipé, la grève de ce mercredi touche surtout les trains, avec à peine un sur trois qui circule. Les usagers du métro sont bien mieux lotis avec un trafic presque normal.

Le trafic était faible mercredi matin à la SNCF en raison de la grève des cheminots, avec un train sur trois en moyenne conformément aux prévisions, mais il était en revanche quasiment normal à la RATP sauf sur le RER B.

A la SNCF, "la journée est vraiment compliquée", "c'est pour l'instant conforme aux prévisions", a indiqué à l'AFP un porte-parole. En moyenne, la compagnie prévoit un tiers de trains en Ile-de-France, sur les lignes régionales et la plupart des lignes TGV nationales.

Le préavis déposé par les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD et CFDT), pour les salaires, l'emploi et les conditions de travail, court jusqu'à jeudi 10 8h. Le mouvement est "extrêmement suivi", selon la CGT.

A la RATP, en revanche, où CGT et Sud ont eux appelé à débrayer pour peser sur les négociations salariales annuelles, le trafic était normal sur les bus, tramways et métros, et "quasi normal" pour la partie du RER A gérée par la régie, selon un porte-parole.

En revanche, seulement deux trains sur trois circulent sur la portion sud du RER B gérée par la RATP en direction de Saint-Rémy-les-Chevreuse et Robinson, soit légèrement mieux que les prévisions (un sur deux). Un net ralentissement du trafic est toutefois à attendre sur la portion nord SNCF, avec un train sur quatre vers les terminus Aéroport Charles de Gaulle/Mitry-Claye.

En gare de Rouen, où 3 Intercités sur 10 circulent et la moitié des TER, les voyageurs ont pris leurs précautions, à l'image de Xavier, étudiant en langues étrangères à Paris: "Comme je suis arrivé en avance, pas de souci", dit-il.

A Châtelet-les-Halles, à Paris, il y a du monde et les gens courent pour attraper leurs correspondances. Sur les quais du RER B les mines étaient plutôt résignées.

Pour Michel Gomis, 30 ans, la grève signifie "beaucoup de correspondances". Aujourd'hui il doit ajouter deux changements. "Je fais de mon mieux, j'ai pris mes précautions je suis parti une heure plus tôt", dit-il en souriant.

Pas très loin, le visage de Makhlouf Nait affiche une certaine lassitude: "Je suis fatigué". Pour se rendre à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), il va "mettre deux heures contre une heure et quart normalement", constate-t-il, amer.

Sylvie, 48 ans, partie d'Essonne pour se rendre à Saint-Denis, où elle travaille, s'est levée deux heures plus tôt et redoute la fin de journée, "le monde et la difficulté à monter dans les trains", de mauvais souvenirs pour cette habituée des transports. "Je pense qu'on est un pays complètement handicapé, incapable de se réformer, c'est grave" estime-t-elle.

Les inquiétudes suscitées par l'élaboration en cours des futures règles de travail communes au secteur ferroviaire (public-privé, fret-voyageurs) ont ressoudé les syndicats de la SNCF. La dernière action unitaire remonte à juin 2013.

Ces mouvements, le jour des épreuves du concours de l'agrégation pour 3.000 candidats, s'entrechoquent également avec une première mobilisation-test des opposants au projet El Khomri de réforme du code du travail, à Paris et en région.

Dans les deux entreprises, les préavis ne sont pas reconductibles.

 


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