Fraude ou licenciement abusif?

Licenciée pour "85 centimes": polémique dans un magasin Auchan de Tourcoing

Les faits se sont déroulés dans un magasin "Auchan City" à Tourcoing. - ©PhilippeHuguen/AFP

Une caissière a été licenciée pour le passage en caisse mais sans paiement d'un article au montant dérisoire. La direction de l'établissement, qui ne nie pas le faible montant, parle pourtant de volonté frauduleuse.

La CGT a mis en cause mardi la direction d'Auchan après le licenciement d'une caissière d'un supermarché de Tourcoing (Nord) qui aurait selon l'entreprise "intentionnellement fraudé", une version que conteste le syndicat s'insurgeant d'une sanction au regard du préjudice d'un montant de 85 centimes.

Les faits reprochés à cette employée de 41 ans préposée aux caisses-minute (où le client scanne lui-même ses achats), révélés par le quotidien Nord-Eclair, remontent au 9 juillet lors du passage en caisse d'une cliente.

Selon Habib Hamdoud, délégué syndical CGT à Auchan City interrogé par l'AFP, cette cliente aurait alors "volé" une boîte de sauce tomate, d'un montant de 85 centimes, avant d'être interpellée par le personnel de sécurité à la sortie de ce magasin de centre-ville.

"Cette cliente a tout mis sur le dos" de l'employée, qui a été mise à pied à titre conservatoire pour faute grave, selon ce responsable syndical, puis licenciée, ainsi que l'a confirmé à l'AFP un porte-parole de la direction.

Celui-ci affirme au contraire que l'employée s'est livrée "à une série de manipulations frauduleuses, comme l'utilisation non appropriée de bons de réduction, l'annulation de paiement de certains produits et le non-enregistrement d'autres".

Selon la direction, ce n'est pas une éventuelle erreur de caisse - "il y en a tous les jours" - mais bien le fait qu'elle ait "intentionnellement fraudé" qui justifierait le licenciement.

La direction ne chiffre pas précisément le préjudice financier, évoquant seulement "quelques euros". Elle ne "spécule pas" non plus sur une éventuelle complicité.

La CGT, de son côté, souligne que l'employée, mère de trois enfants et syndiquée CGT, n'a "aucun antécédent", n'a "jamais été en arrêt maladie" et qu'elle ne pouvait avoir "l'oeil sur toutes les caisses".

"Je ne vois pas l'intérêt pour une hôtesse de risquer de perdre son boulot pour une boîte de sauce tomate", considère encore la CGT, qui "exige sa réintégration dans ce magasin ou un autre".

 


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