Motif recevable ou non?

Licenciée pour avoir tourné dans un porno: l'affaire jugée aux prud'hommes

Le film a connu une forte diffusion sur Internet. - © THOMAS COEX / AFP/Archives

Mardi, le tribunal des prud'hommes de Bourges a jugé le licenciement d'une aide à domicile renvoyée pour être apparu dans un film porno pour le site Jacquie & Michel. L'employeur estime que l'identification aisée de son employée (malgré l'usage d'un pseudo) lui porte préjudice.

Derrière l'apparence grivoise et légère de l'affaire, c'est un sérieux problème de droit du travail qui a été jugé mardi 4 devant le tribunal des prud'hommes de Bourges. Une salariée exerçant la profession d'aide à domicile contestait le motif de son licenciement en mars 2016. Elle avait en effet tourné un film pornographique pour le site Jacquie & Michel, une plateforme très connue de diffusion de vidéos porno.

Dans le film en question, tourné en 2015, toujours accessible et qui a dépassé les 3,6 millions de visionnages, la plaignante y apparaissait dans des scènes de sexe explicites captées dans un sex-shop de Bourges. Elle estime qu'il s'agit là d'un choix relatif à sa vie privée: "Ma cliente a tourné cette vidéo sur son temps libre sans faire référence à son travail et son employeur. On ne peut donc pas faire le lien entre la vidéo et l'employeur" explique son avocate comme le rapporte France bleu.

L'employeur en question, l'association Aider la vie, ne conteste pas la liberté de son ex-employée à tourner dans des films X mais estime que la publication de la vidéo sur Internet, le fait qu'elle soit toujours visible avec une forte diffusion et un accès aisé lui porte préjudice. L'avocat de l'employeur explique que "nous (l'association, NDLR) avons une éthique, nous intervenons chez des personnes âgées, et ce type de comportement a créé un trouble dans le clientèle et chez les salariés". Le président de l'association a assuré à la barre avoir "eu des appels de famille qui nous ont questionné sur la moralité de notre personnel, et certaines nous ont dit qu'elles iraient ailleurs".

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L'actrice d'un jour avait certes utilisé un pseudonyme. Mais la localisation à Bourges de la scène était clairement annoncée dans le film, et le journal Le Berry républicain s'était même fendu d'un article pour annoncer le tournage d'une série de vidéo X dans la ville, évoquant la scène du sex-shop.

Le verdict sera rendu le 9 octobre.

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