Prud'hommes

Après 1.117 CDD dans la même entreprise, elle attaque son employeur et lui réclame 100.000 euros

La première audience aux prud'hommes, opposant Sylvie Rausa à son ancien employeur, se tiendra en septembre prochain. - © ERIC CABANIS / AFP/Archives

Une habitante de Douai, travaillant dans le milieu hospitalier, a décidé de traduire son ancien employeur en justice, après que celui-ci lui ait toujours refusé un CDI à temps plein, même après douze ans de service en CDD. La première audience aux prud'hommes se tiendra en septembre.

Sylvie Rausa a traversé des périodes de stress intense et de dépression dans son travail. Après plusieurs années de galère, elle a décidé de raconter son histoire, et surtout d'emmener son ancien employeur devant les prud'hommes, pour obtenir réparation du préjudice moral qu'elle a subi pendant douze ans.

Âgée aujourd'hui d'une cinquantaine d'années, cette habitante de Douai dans le Nord a confié à La Voix du Nord qu'elle avait effectué pas moins de 1.117 CDD entre 2002 et 2014 au sein de la Caisse autonome nationale de la sécurité sociale des mines (Carmi) en tant qu'employée du service hospitalier.

"D'abord, j'ai fait le ménage. Ensuite, j'ai été veilleuse de nuit puis j'ai travaillé auprès des patients. Parfois je faisais des contre-postes, c'est-à-dire que je prenais un poste à 21 heures et que j'enchaînais avec un autre qui commençait à 6 heures. Une fois, j'ai même fait trois semaines sans une seule journée de repos" a-t-elle expliqué.

Pas découragée pour autant, malgré le calvaire qu'elle subissant, Sylvie avait fini par obtenir un CDI à mi-temps… voyant le temps plein qu'elle désirait temps être attribué à quelqu'un d'autres, malgré ses multiples candidatures. Lorsqu'elle a demandé des explications à son employeur face au rejet de sa candidature, on lui a dit qu'elle n'était pas "assez investie" et que son âge posait désormais problème.

N'en pouvant plus, elle a récemment décidé de traduire son employeur en justice, réclamant la requalification de ses postes en CDI, 100.000 euros d'indemnité de licenciement, pour réparer le préjudice moral subi et des dommages et intérêts. L'affaire sera jugée à la rentrée. La première audience aux prud'hommes est en effet prévue en septembre.

Pour se défendre, la Carmi a expliqué par l'intermédiaire de son avocat qu'il ne s'agissait que "de CDD de remplacement, ce que la jurisprudence valide. Ce type de CDD ne peut pas donner lieu à une requalification en CDI".


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