Religion

Securitas renvoie 4 employés musulmans qui ont refusé de raccourcir leurs barbes, la décision des prud'hommes en janvier

Les quatre employés musulmans ont été rappelés à l'ordre après les attentats du 13 novembre. - © SEBASTIEN NOGIER / AFP/Archives

Le tribunal des prud'hommes de Bobigny a finalement renvoyé en janvier sa décision sur le licenciement de quatre salariés de Securitas, musulmans pratiquants, qui ont été renvoyés pour avoir refusé de raccourcir leurs barbes. C'était quelques jours après les attentats islamistes du 13 novembre 2015.

Il faudra finalement attendre le 11 janvier pour le délibéré. Quatre employés de la société Securitas poursuivaient l'entreprise spécialisée dans las sécurité jugeant leur licenciement illégal. La cause? Les quatre hommes ont été mis à la porte pour avoir refusé de raccourcir leurs barbes visiblement fournies. C'était quelques jours seulement après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Et les quatre licenciés étaient tous musulmans.

Peu après la nuit d'horreur qui a ensanglanté la capitale, ces employés ont en effet été convoqué,s avec une vingtaine d'autres salariés, par leur employeur qui leur a demandé de tailler leur barbe conformément au règlement intérieur stipulant (a priori sans faire référence à une question religieuse) que la pilosité faciale doit être courte et soignée. La plupart des employés se sont exécutés, sauf les quatre hommes qui ont donc été licenciés pour faute grave après une mise à pied.

Les plaignants estiment que le rappel à l'ordre, la pression posée et finalement leur renvoi ont à voir avec la question religieuse. D'autant que les salariés accusent Securitas d'avoir changé le règlement intérieur datant à l'origine de 2011. L'avocat de l'entreprise a admis effectivement que des modifications ont été effectuées en 2015, sans que l'on sache précisément si les articles revus sont ceux imposant la barbe courte et bien taillée.

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Du côté de la défense, on nie formellement le lien entre le licenciement et la confession religieuse des personnes concernées. L'avocat de Securitas affirme que l'entreprise aurait fait de même avec un salarié arborant des tatouages voyants ou une coiffure punk.

Le délibéré était attendu pour ce jeudi 14, il faudra donc attendre un mois de plus pour connaître la position du tribunal des prud'hommes de Bobigny. Les plaignants, des trentenaires avec huit à neuf ans d'ancienneté dans l'entreprise, demandent 40.000 d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et 10.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination religieuse.


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