Complétaire à Pôle emploi

SNC: aider des chômeurs, soutenir des hommes

La SNC veut transformer le terme "demandeur d'emploi" en "chercheur d'emploi". - ©DR/SNC

Consciente que le chômage est aussi une épreuve psychologique et que les services publics ont une action limitée, l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) apporte une aide complémentaire aux chercheurs d’emploi, pour leur permettre de rebondir.

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A une époque où le taux de chômage atteint des sommets, l’action de la SNC (Solidarités nouvelles face au chômage) apparaît plus nécessaire que jamais. Cette association fondée en 1985 par Jean-Baptiste de Foucauld, membre du cabinet du ministère de l’Economie sous le gouvernement Mauroy, apporte son soutien aux chômeurs lorsque s’arrête le rôle des services publics.

Alors que Pôle emploi "gère de la masse", la SNC "établit des liens avec des personnes", explique à FranceSoir Vincent Godebout, délégué général de l’association. Plutôt que de "demandeurs d’emploi", il préfère d’ailleurs parler de "chercheurs d’emploi", parce que les chômeurs "ne sont pas des personnes qui demandent mais qui recherchent, ne sont pas d’abord des fraudeurs". Une réflexion qui prend encore plus de sens après la polémique, il y a quelques semaines, autour des propos du ministre du Travail, François Rebsamen, incitant à renforcer les contrôles.

La première et principale tâche de la SNC est d’apporter un soutien moral aux chercheurs d’emploi, de leur offrir "ce temps que Pôle emploi ou les institutions n’offrent pas" –bien que Vincent Godebout refuse le "bashing" autour de Pôle emploi dont il salue le travail malgré le manque de moyens.

Cette aide est apportée sans limite de temps ni rythme prédéfini par un binôme de bénévoles. Cela afin d’éviter d’instituer une dépendance envers une seule personne. L’association tente de créer des binômes homme/femme et actif/retraité, car certains chercheurs d’emploi se confient plus aisément à l’un ou l’autre.

Car le principal risque pour la personne qui a perdu son travail est de s’isoler, de perdre sa dynamique d’actif. "Quand on est au chômage, ce n’est pas forcément évident d’évoquer ses difficultés chez Pôle emploi, durant les cessions de recrutement, avec sa famille, ses amis. Plus le temps passe, plus la personne s’isole".

Parler de ses difficultés, recréer du lien social par le biais d’activités sportives et culturelles peut sembler anecdotique mais est indispensable pour permettre au nouveau chômeur de "faire le deuil de son ancien travail", un terme fort qu’assume Vincent Godebout tant l’impact psychologique de la perte d’emploi peut être fort. Une équipe de psychologues bénévoles travaille d’ailleurs au sein de l’association.

Une fois ce "deuil" effectué, la SNC apporte une aide plus pratique à la recherche d’emploi, à commencer par la définition du nouveau projet professionnel. Une aide qui comporte bien sûr la rédaction de CV, des entraînements aux entretiens d’embauche mais qui va bien au-delà, avec des ateliers pour apprendre à améliorer sa visibilité sur Internet, d’autres de relooking ou encore de sophrologie.

Reste que le temps de retrouver un emploi, il est bénéfique de rester actif. En plus des activités que propose la SNC, elle finance grâce aux dons entre 110 et 150 emplois solidaires par an. Il s’agit de proposer les services des personnes aidées à d’autres associations pour des CDD de 6 mois, souvent reconduits une fois. Une activité qui permet aussi de retourner à la vie active par paliers.

Pour les plus âgés, ces contrats peuvent également être le moyen d’accumuler les derniers points de retraite nécessaires. Les seniors sont en effet les plus demandeurs de l’aide de l’association.

Ces expériences au contact des chômeurs, l’association les fait remonter aux pouvoirs publics. Au premier plan des problèmes à résoudre, selon Vincent Godebout: la formation, dont il faudrait doubler le budget.

Après avoir obtenu "l’humanisation" des courriers "très froids" de Pôle emploi, la SNC aimerait voir définitivement disparaître la terminologie de "demandeur d’emploi" car "les mots ont leur importance". Ceux qui blessent mais aussi ceux qui aident.

 


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