#MaedehHojabri

Arrêtée pour avoir dansé sur Instagram, l'Iran contre-attaque face au vent de liberté (vidéo)

Le voile reste obligatoire en public pour les femmes iraniennes et la danse interdite. - © ATTA KENARE / AFP/Archives

Depuis plusieurs mois, de jeunes Iraniennes utilisent les vidéos Instagram pour défier les lois sur l'indécence. Mais le régime a contre-attaqué en arrêtant plusieurs internautes coupables d'avoir retiré leur voile et dansé. Parmi elles, Maedeh Hojabri, devenue un symbole après sa condamnation à la prison et au fouet.

Maedeh Hojabri aime danser, se filmer en train de le faire et publier les vidéos sur Instagram. Mais elle vi en Iran et ses performances lui ont valu d'être arrêtée et forcée à choisir entre se "confesser" à la télévision publique ou la prison et le fouet.

Suivie par des centaines de milliers d'abonnés selon le Guardian qui révèle l'information, la jeune fille apparaissait régulièrement sans voile, en jean et t-shirt ou chemisier, se déhanchant au rythme de la musique. Or le hijab (voile qui ne laisse apparaître que le visage) reste obligatoire en public en Iran, et une telle danse en dehors du cercle familial tombe également sous le coup des lois sur 'l'indécence".

On sait peu de chose de Maedeh Hojabri, 18 ans, fan de Rihanna. Mais elle est devenue après cette arrestation le symbole d'une jeunesse iranienne insouciante, de la répression ainsi que d'une surveillance accrue des réseaux sociaux, rares espaces de liberté.

Depuis plusieurs mois, de jeunes Iraniennes utilisent ces médias (majoritairement Instagram, les contenus Twitter et Facebook étant filtrés par l'Etat) pour revendiquer cette liberté. Certaines publient ainsi des vidéos dans lesquelles elles retirent leur voile, d'autres décident de danser, parfois en pleine rue.

Voir: Iran - inquiétudes pour une femme ayant défié le port du voile 

Mais face à ce phénomène, les autorités iraniennes semblent avoir décidé de contre-attaquer. Car Maedeh Hojabri ne serait pas la seule internaute arrêtée ces derniers jours pour indécence. Des opérations qui laissent craindre un bannissement d'Instagram.

"Je ne l'ai pas fait pour attirer l'attention. Je n'avais aucune intention d'encourager les autres à faire la même chose. Je ne fais partie d'aucune équipe, je n'ai reçu aucun entrainement", a-t-elle déclaré sur le plateau de télévision, dimanche 8. Une déclaration qui lui aurait permis d'être libérée alors qu'elle aurait dans un premier temps été menacée d'une peine de quatre ans de prison et 80 coups de fouet.

Suite à cela, de nombreux internautes et associations se sont mobilisés à travers le monde, notamment des iraniennes, dansant à leur tour en signe de soutiens.


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