Couloir de la mort

Inde: peines capitales confirmées pour les quatre bourreaux de Jyoti Singh, violée à mort en 2012 (vidéo)

Le fait divers avait provoqué un mouvement de colère sociale d'ampleur. - ©Ramesh Lalwani/Flickr

En décembre 2012, Jyoti Singh, une étudiante de 23 ans, était violée à mort dans des conditions abjectes, ce qui avait déclenché un mouvement de colère populaire en Inde et attiré le regard de la communauté internationale sur la situation des femmes dans le pays. Quatre des six violeurs viennent de voir confirmée la peine capitale qui leur avait été infligée en 2013.

Le fait divers, atroce, avait choqué le monde entier et dévoilé une face particulièrement sordide de la société indienne. En décembre 2012, une jeune étudiante était violée par six hommes dans les transports en commun avant de mourir suite aux blessures occasionnées par cette agression sauvage. La Cour suprême indienne vient de confirmer définitivement la peine de mort qui avait été prononcée à l'encontre de quatre des bourreaux de la malheureuse victime.

La soirée tragique se déroule le 16 décembre 2012 à New Dehli. Jyoti Singh, une étudiante de 23 ans, rentre chez elle avec un ami après une séance au cinéma. Ils prennent place à bord d'un bus vers 21h30. S'y trouvent un chauffeur et cinq jeunes hommes. Soudain, les portes du bus sont verrouillées, et le véhicule dévie de sa trajectoire théorique. L'ami de la victime commence à s'emporter, il est alors violemment battu par les occupants du bus. Il s'écroule inconscient avant que les faits ne basculent dans l'horreur. Alors que le bus est toujours en train de rouler, Jyoti Singh est immobilisée par ses agresseurs qui la violent atrocement à l'aide d'une barre en métal (provenant probablement d'un cric de voiture). La victime se débattra (des traces de morsures seront retrouvées sur plusieurs de ses agresseurs) mais ne parviendra pas à s'échapper. Elle sera torturée pendant une heure se voyant infliger de graves blessures dans les organes internes, au niveau de son appareil sexuel et digestif. Elle sera finalement jetée hors du bus, de même que son ami, alors que le véhicule était toujours en marche.

Transférée à Singapour –ses blessures étaient trop profondes pour le niveau d'expertise des établissements indiens– elle décèdera le 29 décembre après deux semaines d'agonie.

La colère dans l'opinion publique est immense, et des mouvements citoyens ont tenu à faire connaitre la réalité des crimes sexuels en Inde dont il est difficile de connaître la réalité précise par manque de chiffres (plus de 34.000 cas ont été rapportés en 2015, mais le chiffre semble largement sous-évalué). Face à la colère populaire, la justice indienne a décidé de renforcer son arsenal répressif en 2013 en prévoyant des peines "minimales" de sept ans en cas de viol, 20 ans pour un viol collectif, et jusqu'à la peine de mort en cas de récidive.

Les résultats peinent pour l'instant à se faire sentir. Le 27 mars, lors d'un festival à Mumbai, une jeune indienne Prachee Mashru a proposé un slam remarqué expliquant sans détour le malaise des femmes en Inde. Elle y explique que "si je porte moins de vêtements (…) je risquerai quelque chose. Pas de perdre ma virginité, mais ma vie".

Quant aux bourreaux de Jyoti Singh, quatre d'entre-eux ont été condamnés à mort dès 2013, peine confirmée en appel en 2014 et maintenant définitive. Ils pourraient attendre longtemps avant d'être menés à la potence, le pays n'exécutant qu'avec parcimonie ses condamnés dans le couloir de la mort, au nombre de 400. Un cinquième accusé, mineur au moment des faits, a été condamné à trois ans de prison et libéré en 2015. Quant au chauffeur, il n'a jamais été jugé: il s'est suicidé en prison avant le premier procès.


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