Ordre public

Les prières de rues de Clichy-La-Garenne jugées illégales

Le tribunal a jugé que les manifestations que constituaient les prières de rue n'avaient pas été organisées dans les règles. - © BERTRAND GUAY / AFP/Archives

Le tribunal correctionnel de Nanterre a déclaré mardi que les prières de rue qui avaient eu lieu à Clichy-la-Garenne en 2017 étaient illégale. Il a condamné l’Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) et son président, Mohand Kazed, à des peins d'amende et à indemniser la ville. Ce dernier a indiqué faire appel.

Les prières de rues effectuées à Clichy-la-Garenne chaque vendredi, entre le 24 mars et le 10 novembre 2017 étaient illégales selon le de tribunal correctionnel de Nanterre. Celui-ci a condamné mardi 4 les organisateurs - l’Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) et son président, Mohand Kazed- à 5.000 euros d'amende chacun et à 17.000 euros de dommages et intérêts envers la ville.

Si l'affaire avait vite pris une dimension politique avec manifestation d'élus de droite, mise en cause de la teneur des prêches ou encore accusations de stigmatisation des musulmans, ce n'est pas sur une quelconque atteinte au principe de laïcité, souvent trop vite invoqué, que le tribunal s'est prononcé.

Il a en effet jugé ces prières illégales en raison des perturbations qu'elles avaient occasionnées sur la voie publique et surtout sur le fait que l'UMAC n'avait pas déposé de déclaration préalable en préfecture dans les temps pour organiser ces manifestations.

Voir: Clichy-la-Garenne - les prières de rue sont-elles légales?

Le tribunal n'a donc pas relevé l'argument de l'avocat de l'association, lequel a tenté de qualifier ces prières de "manifestations cultuelles" soumises donc à la fameuse loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Le maire avait obtenu l'expulsion en mars 2017 du local utilisé comme lieu de culte par l'UAMC en centre-ville, souhaitant le transformer en médiathèque. Deux ans plus tôt, il avait inauguré une mosquée en périphérie de la ville. Mais l'UAMC n'a jamais voulu s'y installer, la jugeant excentrée, exiguë et pas aux normes de sécurité.

L'avocat de Mohand Kazed a déjà annoncé qu'il allait faire appel de cette décision.

Un autre procès se dessine. En effet, l'UMAC reproche au maire (LR) de la ville Rémi Muzeau d'avoir affirmé qu'un prêche en arabe tenu lors d'une prière de rue devant l'hôtel de ville comportait "des appels au meurtre" et qu'un tract appelant à tuer les juifs avait été distribué lors d'une autre de ces prières. Sans toutefois incriminer nommément l'UAMC. Une première procédure pour "incitation à la haine" a été abandonnée mais l'avocat de l'association se dit s'apprêter à en lancer une "plus précise".

Lire aussi: Clichy: des élus LR bousculent des musulmans qui organisaient une prière de rue illégale


Voir la version optimisée mobile de cet article
Poursuivre sur Francesoir.fr