Risques

Tatouages: le dioxyde de titane présent dans les encres pourrait être nocif pour la santé

Selon les derniers chiffres du Syndicat national des artistes tatoueurs, plus d'un Français sur dix serait tatoué. - © JOEL SAGET / AFP/Archives

Une étude scientifique a révélé ce mardi la présence de dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules, dans les ganglions lymphatiques de certaines personnes tatouées. Les professionnels de santé, qui ne mesurent pas encore l'étendue exacte des dégâts, recommandent de bien se renseigner sur la composition chimique des produits utilisés.

Le tatouage a le vent en poupe. En France, plus d'une personne sur dix y a succombé. Et 9% des Français non tatoués envisagent sérieusement de passer entre les mains d'un artiste tatoueur. Mais l'étude des chercheurs du Synchrotron européen de Grenoble (ESRF) publiée ce mardi 12 dans la revue Scientific Reports risque de mettre à mal la réputation du "dixième art".

Les scientifiques ont mené des recherches sur ce que devenait le dioxyde de titane, pigment blanc qui peut aussi servir de nuances à certaines couleurs, après l'injection sous la peau. Et en procédant à des examens aux rayons X ultra-puissants, ils ont été en mesure de détecter des nanoparticules de dioxyde de titane jusque dans les ganglions lymphatiques, conduisant à leur gonflement chronique.

"La cicatrisation lente, le gonflement localisé de la peau, les démangeaisons parfois constatées après un tatouage, sont autant d’effets indésirables associés à des tatouages blancs, et donc à l’usage du dioxyde de titane", est-il indiqué dans un résumé de l'étude.

Les professionnels de santé ne savent pas encore ce que peut provoquer concrètement le dioxyde de titane. Ou si des maladies ou des faiblesses immunitaires peuvent survenir plusieurs mois ou années après avoir été tatoué.

C'est pourquoi il est fortement recommandé de se renseigner sur la composition chimique des encres pour se prémunir de ces risques. "Quand quelqu'un veut se faire un tatouage, il est souvent très soucieux de choisir le bon salon, celui où les normes sanitaires sont respectées, celui où des aiguilles stériles neuves sont utilisées", a ainsi constaté Hiram Castillo, de l'ESRF. "Mais personne ne se pose la question de savoir quelle est la composition chimique des couleurs utilisées. Notre étude montre qu'il le faudrait".


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