OMS Europe

Une épidémie de rougeole exceptionnelle faute d'une vaccination suffisante

Toute personne qui n’est pas vaccinée reste vulnérable" rappelle l'OMS. - © Sergei SUPINSKY / AFP/Archives

L'OMS Europe a dévoilé lundi les chiffres de l'épidémie de rougeole qui sévit actuellement. Si elle n'a pas atteint de record en France, elle est la pire depuis près de 10 ans à l'échelle européenne.

La branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé s'est alarmée lundi 20 du niveau atteint par l'épidémie de rougeole à l'échelle du continent cette année. La pire depuis 10 ans en raison d'une couverture vaccinale insuffisante.

"Le nombre total de cas pour cette période dépasse de loin les totaux pour 12 mois signalés pour toute autre année de cette décennie", note l'OMS. Au total, ce sont 41.000 cas qui ont été recensés alors que "jusqu’ici, le nombre total le plus élevé de cas de rougeole par an entre 2010 et 2017 a été de 23.927 (2017), et le plus bas de 5.273 (2016)". Au moins 37 personnes sont décédées d’une rougeole cette année.

La France a elle-même connue une épidémie importante mais pas la plus forte de ces dernières années. Entre novembre 2017 et août 2018, près de 2.800 cas avaient été identifiés. Le pays a certes évité une épidémie comme celle qui avait touché 24.000 personnes entre 2008 et 2012, dont près de 15.000 en 2011. Mais cela n'empêche pas des complications parfois tragiques (pneumopathies, méningo-encéphalite, etc.) qui, sans entraîner systématiquement la mort, peuvent provoquer de lourdes séquelles. Trois des malades n'ont pas survécu.

Voir: Décès de la rougeole - la troisième victime était une greffée du cœur

C'est surtout l'Ukraine qui est à l'origine de la hausse des chiffres, avec plus de 23.000 cas, mais c’est la Serbie qui a signalé le nombre le plus élevé de décès, soit 14.

"Pour éviter les flambées épidémiques, il faut avoir une couverture vaccinale d’au moins 95 % par 2 doses de vaccin", rappelle l'OMS qui note d'importante disparité selon les régions, même si le taux global atteint 88%. En France, il atteint péniblement les 90% en France et est bien moindre dans de nombreux départements.

Alors que la défiance envers les vaccins subsiste en France malgré les recommandations des autorités sanitaires, l'organisation insiste sur le fait que: "ce revers partiel montre que toute personne qui n’est pas vaccinée reste vulnérable, où qu’elle vive, et que tous les pays doivent maintenir la pression pour élargir la couverture et remédier aux lacunes immunitaires, même après avoir obtenu un statut d’interruption ou d’élimination de la maladie".

Lire aussi:

En Roumanie, la méfiance envers les vaccins tue

Scandale des vaccins: Pékin veut des "sanctions"

Vaccination, autisme, aluminium: l'Inserm répond aux craintes et aux "lobbys anti-vaccins"


Voir la version optimisée mobile de cet article
Poursuivre sur Francesoir.fr