Inquiétudes et complotisme

Vaccination: la radiation du Pr. Joyeux, symbole de la défiance "anti-vaccins"

Le professeur Henri Joyeux a fait appel de sa radiation. Il avait relayé une pétition dénonçant la dangerosité de certains produits. - © FRED TANNEAU / AFP/Archives

Le Conseil de l'Ordre des médecins examine ce jeudi en appel la radiation du professeur Joyeux. Ce cancérologue à la retraite avait relayé une pétition s'inquiétant de l'usage d'un vaccin contre la coqueluche et l'hépatite B. Cela alors que les autorités sanitaires ne cessent de dénoncer des informations biaisées relayées par des "lobbys" anti-vaccins.

Il est devenu l'un des symboles des "anti-vaccins", dans un débat où la très grande majorité du corps médical et les autorités sanitaires défendent pourtant leur utilisation. Le professeur Henri Joyeux est entendu ce jeudi 24 par le Conseil de l'Ordre des médecins pour faire appel de sa radiation prononcée en juillet 2016.

En cause, la mise en ligne par le cancérologue à la retraite d'une pétition contre l'usage du vaccin hexavalent DTPolio-Hib-Coqueluche-Hépatite B,  alias Infanrix Hexa.

Un texte qui a priori ne remet pas en cause l'utilité de la vaccination en générale mais fustige le recours -en raison d'une pénurie- à ce produit qui "contient de l'aluminium et du formaldéhyde, deux substances dangereuses voire très dangereuses pour l'humain et en particulier le nourrisson" et qui  'contient le vaccin contre l'hépatite B soupçonné d'un lien avec la sclérose en plaque (...) et coûte jusqu'à 7 fois plus que les autres vaccins".

Voir: Vaccination, autisme, aluminium: l'Inserm répond aux craintes et aux "lobbys anti-vaccins"

Des propos qui peuvent donc paraître mesurés, plus en tout cas que le titre de cette pétition "Vaccin obligatoire: les Français piégés par la loi et les laboratoires!". Le texte a été publié par l'Institut pour la protection de la santé naturelle.

L' association dénonce régulièrement les risques liés à l'aluminium, le lien entre vaccination et autisme, mais aussi la censure de leur point de vue via la "propagande des institutions" épaulée par "des journalistes complaisants" et leurs "fake news", terme qui suffit aujourd'hui à démonter n'importe quel argument. Politiques et médias y sont décrits comme les "obligés des laboratoires pharmaceutiques".

Lire aussi: En Roumanie, la méfiance envers les vaccins tue

Des relents complotistes qui semblent donc avoir motivé une première décision de l'Ordre des médecins. Les autorités sanitaires sont aujourd'hui confrontées à une défiance envers les vaccins. Une situation qui avait poussé en décembre dernier l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) à dénoncer les "informations catastrophistes" de ces "lobbys".

"L’efficacité et l’innocuité des 11 vaccins (devenus) obligatoires en France sont scientifiquement prouvées. (...) Au vu des données disponibles à ce jour à l’échelle internationale, avec un recul d’utilisation de 90 ans et des centaines de millions de doses injectées, l’innocuité des sels d’aluminium contenus dans les vaccins ne peut être remise en cause. (...) Il est avéré que l’étude suggérant un lien entre vaccination ROR et autisme était une fraude scientifique", pouvait-on lire dans ce texte intitulé "Que dit la science".

Mais il reste en revanche toujours aussi difficile pour une autorité publique de prouver l'inexistence d'un complot. La pétition, toujours en ligne, revendique ce jeudi 24 plus d'un million de signatures.


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